Pourquoi donc un élu grenoblois ne pourrait-il pas être président de la métropole ?

Publié le 25 juillet 2020

Il n’y a aucune raison pour qu’un-e grenoblois-e ne puisse pas être élu-e président-e de la Métro. Théoriquement dans un monde normal le choix de la personne doit s’opérer en fonction de sa compétence à gérer une grande administration et en fonction des choix politiques qu’il ou qu’elle porte.

Que ce soit notre Constitution ou le droit européen rien n’autorise une discrimination d’une personne en fonction de son appartenance à telle ou telle commune. Et pourtant c’est ce qui a été fait le 17 juillet 2020 qui restera un jour sombre où on a vu cette discrimination s’opérer.

Dans les semaines qui ont précédé l’élection, quelques tentatives nauséabondes ont essayé d’indiquer que Yann Mongaburu n’était pas la bonne personne pour cette fonction. Mais cela s’est vite arrêté car les fonctions remplies ces dernières années par Yann Mongaburu ont montré sa capacité à initier de très bonnes politiques pour le territoire, en sauvant l’existence du SMTC lorsque le préfet a essayé de le dissoudre puis en militant sans relâche pour la création du SMMAG, malgré de nombreuses réticences, qui ne sont pas toutes levées.

Il est intéressant de revenir sur l’oukase prononcé par C. Ferrari le 10 juillet (rapporté dans le DL du 11 juillet), où il admet être minoritaire dans la majorité et à quelle condition il accepterait de retirer sa candidature. Il y met une seule condition, qui en fait sont deux :

  • que Yann Mongaburu ne soit plus candidat
  • que le candidat de la majorité ne soit pas grenoblois

Et il rajoute, « si je pense que la présidence ne peut pas revenir à un élu grenoblois, c’est parce que notre territoire est divers. Certes, la ville centre a un rôle à jouer et elle le jouera. Mais elle ne peut pas être exclusive. »

Que veut dire ce terme d’exclusive ? Les mêmes reproches pourraient être faits à n’importe quelle autre commune !

Lors de son élection, obtenue au terme d’une “tambouille” politique pour le moins opaque et sûrement instable, il a précisé sa position : la Métropole c’est 49 communes et 40 se sont exprimées en sa faveur.

Il a complètement tourné casaque (ce n’est pas la girouette qui tourne c’est le vent, disait Edgard Faure), par rapport à la nécessité d’un suffrage universel direct pour élire les conseillers communautaires. Pour lui et ceux qui l’ont suivi, la commune de 160 000 habitants doit avoir le même poids politique dans la gestion de la métropole qu’une petite commune de moins de 100 habitants. Ce n’est pas sérieux et complètement contraire à nos règles de droit.

Devant les défis que le territoire doit affronter, les choix stratégiques doivent être partagés par les institutions mais surtout et d’abord par les habitants (au-delà même des électeurs).

La position de C. Ferrari est le retour au système censitaire, pire que celui des grands électeurs pour les sénatoriales car le nombre des grands électeurs dépend de la population de la commune même si ce n’est pas à la stricte proportionnelle.

Lors de la réunion du 17 juillet, le maire de Grenoble a dit une chose surprenante mais importante, durant le mandat écoulé, il a eu moins de contacts directs avec le président de la Métro qu’avec le président de la Région qui pourtant n’est pas dans le même camp politique loin de là et qu’en conséquence il y avait un vrai problème de gouvernance à la Métro.

Donc il n’y a aucune raison politique ni de droit pour que soit exclu un élu grenoblois de la présidence de la métropole. La seule exclusion possible c’est si cette personne candidatait au nom de la commune pour défendre les intérêts propres de sa commune. De ce point de vue l’exclusion du maire de la ville centre, comme d’ailleurs celui d’une autre commune, pourrait se plaider pour bien déconnecter la présidence de la métropole des intérêts propres à une commune que représente par essence son maire. C’est le seul engagement qui doit être demandé à un candidat, le reste n’est que politique politicienne, magouilles et manœuvres de couloir et ces pratiques dégoutent les électeurs qui de plus en plus font la grève du vote.

Le groupe politique le plus important de la Métro, UMA (une métropole d’avance, de gauche écologiste et citoyenne regroupant 39 élus) a demandé le 23 juillet que C. Ferrari démissionne du poste de président. Quand C. Ferrari est capable de s’abaisser à accepter les voix du corrompu grenoblois et de la droite qui a combattu la politique majoritaire durant tout le mandat, comme il l’a fait le soir même de son élection, il ne lui reste qu’à se retirer. Ensuite la majorité choisira son ou sa candidate sur un projet et une gouvernance profondément renouvelée et nous oublierons tous cette triste soirée du 17 juillet 2020.

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