L’isolement aggrave les difficultés des bénéficiaires de minima sociaux

Publié le 15 janvier 2021

Une étude de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) sur « L’isolement social des bénéficiaires de minima sociaux et de la prime d’activité », est publiée dans « Les Dossiers de la DREES » n° 70 de décembre 2020.

Il s’agit des bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA), de l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) en cas d’épuisement des droits au chômage, de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) et la prime d’activité pour les travailleurs aux faibles ressources.

L’étude montre que ces bénéficiaires sont nettement plus touchés par l’isolement que le reste de la population. Avec l’absence de travail, ils sont plus nombreux à vivre seuls et à avoir des relations familiales ou amicales réduites. Les plus isolés sont les bénéficiaires de l’AAH et, assez logiquement, du minimum vieillesse. Mais cette étude ne prend pas en compte les impacts de la pandémie puisqu’étudie les situations durant l’année 2018, il est à craindre que maintenant ce soit encore plus amplifié.

« Les bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés et du minimum vieillesse sont particulièrement touchés par l’isolement social

Fin 2018, les bénéficiaires de revenus minima garantis (c’est-à-dire de minima sociaux ou de la prime d’activité) fin 2017 sont plus concernés par l’isolement social que l’ensemble de la population. Ainsi, d’après l’enquête de la DREES auprès des bénéficiaires de minima sociaux (BMS) 2018, ils sont beaucoup plus nombreux à vivre dans un ménage composé d’une personne seule (38 % d’entre eux contre 20 % dans l’ensemble de la population).

La fréquence des relations (rencontres de visu ou contacts dématérialisés) de ces bénéficiaires de revenus minima garantis avec la famille et les amis est plus faible que celle de l’ensemble de la population, notamment pour les bénéficiaires du minimum vieillesse (graphique A). Ces derniers sont 8 % à n’avoir des relations avec leur entou-rage que moins d’une fois par mois (ou à ne pas avoir d’entourage) tandis que cette part est de 3 % pour l’ensemble des bénéficiaires de revenus minima garantis et de 1 % pour l’ensemble de la population.

En approchant les liens avec la famille et les amis non plus en termes de fréquence, mais en termes de qualité des relations, les bénéficiaires de revenus minima garantis sont 19 % à être concernés par ce type d’isolement. Cela signifie qu’au moins une des trois conditions suivantes n’est pas vérifiée : compter pour quelqu’un, pouvoir compter sur quelqu’un pour recevoir un soutien moral, ou que quelqu’un puisse compter sur le bénéficiaire pour recevoir un soutien moral. Près de trois bénéficiaires du minimum vieillesse et de l’AAH sur dix sont isolés en termes de qualité des relations. Les bénéficiaires de la prime d’activité sont les moins concernés par l’isolement (13 %).

Toutes choses (caractéristiques sociodémographiques, etc.) égales par ailleurs, les bénéficiaires de l’AAH et du minimum vieillesse ont plus de risques que les autres bénéficiaires de revenus minima garantis d’être isolés en termes de qualité des relations avec leur famille et leurs amis. »

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