Datacenters : la frugalité en énergie et en eau sont indispensables au respect des objectifs climatiques

Publié le 16 janvier 2026

Au moment où le projet de DataOne, d’implantation d’un Datacenter à Eybens est décidé, ne devant pas dépasser, à terme, 200 MW de puissance électrique maximum au lieu du 1GW prévu, il est important de faire le point sur les impacts de ces implantations qui posent de sérieux problèmes de consommation électrique et d’impacts sur l’environnement. Un article indique qu’une quinzaine de projet font l’objet de contestation : Datacenters : une quinzaine de projets font l’objet de contestation

Les besoins en électricité des centres de données pourraient tripler d’ici 2035. Dans une étude, l’Autorité de la concurrence alerte sur les risques de préemption de ressources par certains grands acteurs et invite à faire de la frugalité un critère de sélection des opérateurs.

Au même moment, l’Ademe publie 5 scénarios prospectifs démontrant que cette frugalité est indispensable au respect des objectifs climatiques. « Génération frugale » (le plus sobre, avec dénumérisation et moratoire sur les nouvelles constructions), « Coopérations territoriales » (développement concerté avec les territoires, encadré par des normes sans moratoire, ciblant les usages prioritaires pour la santé, l’environnement et la société tout en favorisant les synergies locales), « Technologies vertes » (innovation technologique et souveraineté numérique), et « Pari réparateur » (compensation des impacts par la technologie).

Dans le scénario tendanciel, la consommation induite par les usages français serait multipliée par 3,7 d’ici 2035, avec deux tiers des traitements réalisés à l’étranger dans des pays au mix électrique plus carboné. Selon les scénarios, la consommation électrique française en 2060 varie d’une division par deux à une multiplication par sept. L’étude souligne le potentiel de récupération de la chaleur fatale (entre 4 et 13 TWh nets en 2035) et conclut que seules des politiques de sobriété volontaristes, mobilisant pouvoirs publics, entreprises et citoyens, permettront d’atteindre le « zéro émission nette » en 2050.

De son coté, l’Autorité de la concurrence approfondit sa réflexion dans le prolongement de son avis n° 24-A-05 sur l’IA générative, en examinant les questions concurrentielles relatives à l’impact énergétique et environnemental de l’IA. Elle publie aujourd’hui une première étude sur le sujet et invite l’ensemble des parties prenantes à s’emparer de ces questions.

« L’émergence et le déploiement massif de l’IA sont récents et son impact est encore difficile à mesurer, notamment du fait de l’amélioration de l’efficacité énergétique et de la gestion des ressources que l’IA rendra possible. Toutefois, le développement rapide des centres de données et de l’IA, qui revêt un caractère prioritaire pour la France et pour l’Union européenne, s’accompagne d’une forte hausse de la consommation d’électricité, de pressions importantes sur d’autres ressources (eau, métaux rares, foncier) et d’un impact carbone non négligeable.

L’Autorité constate que cet impact sur les ressources énergétiques et naturelles soulève des enjeux concurrentiels de trois ordres :

  • les difficultés d’accès au réseau électrique et le prix de l’énergie peuvent affecter la dynamique concurrentielle du secteur ;
  • la montée en puissance de la frugalité des services d’IA (c’est-à-dire de la recherche d’une efficience intégrant la minimisation de l’impact environnemental), est susceptible de favoriser
  • le développement de nouvelles offres permettant à certains acteurs et notamment aux entreprises de taille plus modeste, de rivaliser avec les plus grands acteurs du secteur ;
  • la standardisation en cours et notamment la mise en place de méthodes de détermination de l’empreinte environnementale apparaît fondamentale pour garantir une concurrence entre acteurs sur la base de leurs mérites respectifs.

Enfin, compte tenu de ces enjeux, l’Autorité insiste particulièrement sur la nécessité de disposer de données fiables et transparentes sur l’empreinte énergétique et environnementale de l’IA, afin de permettre l’expression du jeu concurrentiel sur ces aspects. Une telle transparence, y compris obtenue par le biais de la mise en place de standards, permettrait en outre que la frugalité puisse pleinement jouer son rôle de paramètre de concurrence. L’Autorité précise également qu’il convient de s’assurer que l’accès aux zones adaptées à l’implantation de centres de données et à l’énergie, en particulier à l’électricité d’origine nucléaire, ne se fasse pas à l’avantage de certains acteurs uniquement.

Par conséquent, l’Autorité invite l’ensemble des parties prenantes à prendre la mesure de ces enjeux et, le cas échéant, à la saisir s’ils suspectent l’existence de pratiques potentiellement anticoncurrentielles ou à solliciter du Rapporteur général de l’Autorité des orientations informelles sur la compatibilité de leurs projets poursuivant des objectifs de durabilité avec les règles de concurrence. »

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