France urbaine saisit le premier ministre sur la préparation du PLF 2027

Publié le 15 mai 2026
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France urbaine est l’association des élu-es des grandes villes, métropoles, communautés et agglomérations urbaines. À l’approche de l’élaboration du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, elle a adressé, le 7 mai 2026, un courrier au Premier ministre afin d’alerter sur les conditions de préparation de ce texte budgétaire. Face à l’impact des choix budgétaires à venir sur la capacité de l’action publique locale, l’association plaide pour que soit engagé dès maintenant un dialogue direct avec l’Exécutif. 

« Éviter les errements de la loi de finances 2026 : 

France urbaine rappelle que la dernière loi de finances a conduit à une répartition profondément déséquilibrée de l’effort demandé aux collectivités territoriales. En effet, la moitié de l’effort exigé des collectivités repose sur les seuls groupements, lesquels ne pèsent que 15% des dépenses de fonctionnement et 20% des dépenses d’investissement de l’ensemble. 

Cette répartition est à la fois infondée et cruelle pour les territoires les plus ponctionnés, lesquels se trouvent souvent être en proie aux difficultés sociales induites par la désindustrialisation. France urbaine ne peut donc accepter que les enseignements des errements de la loi de finances pour 2026 ne soient pas pleinement tirés. 

L’impasse à la Métropole d’Aix Marseille Provence, une alerte rouge : 

Tout au long du débat budgétaire, France urbaine n’a cessé, simulations à l’appui, de mettre en garde contre des risques qui se matérialisent aujourd’hui. 

Sur le terrain, les détériorations de solvabilité que subissent les intercommunalités les plus ponctionnées se font jour. Ainsi, face à une amputation de ressources de 120 M€ au titre des lois de finances 2025 et 2026, la Métropole d’Aix Marseille Provence a renoncé à voter son budget 2026. 

Une prise de conscience de l’État s’impose alors que plusieurs métropoles et grandes communautés doivent faire face à des amputations de ressources, qui ramenées à leurs recettes de fonctionnement sont encore plus importantes qu’elles ne le sont à Aix Marseille Provence (3,6% en 2025 puis 4% en 2026). Les communautés urbaines de Dunkerque, de Mulhouse, du Havre, de Rouen ou d’Arras, ou encore des métropoles de Toulouse, de Montpellier, ou de Rouen sont par exemple concernées. La liste est longue des grandes intercommunalités qui voient la ponction dépasser les 2% de recettes de fonctionnement, seuil qui était considéré jusqu’alors comme le plafond à même d’éviter la mise à mal de la solvabilité des collectivités. 

La nécessité d’un dialogue direct, constructif et sincère 

Dès lors, France urbaine insiste sur la nécessité d’instaurer le plus en amont possible un dialogue direct avec les différents ministères concernés et sous l’égide de Matignon, dans le cadre de la préparation du prochain projet de loi de finances. 

Si la réunion du Comité d’Alerte des finances publiques du 21 avril, sous l’égide du gouvernement, a constitué une première balise, elle a davantage documenté l’exécution du budget 2025 (gel de crédits et mises en réserves à hauteur de 6 Md€) qu’elle n’a éclairé le chemin devant conduire au PLF 2027. 

De même, la mise en place d’une mission parlementaire sur les modalités de contribution des collectivités au redressement des comptes publics est à saluer, mais elle ne saurait exonérer le Gouvernement de son rôle d’interlocuteur direct des représentants des collectivités locales.

Aussi, France urbaine demande une association pleine et entière des collectivités territoriales aux travaux conduits par l’Exécutif. C’est sur la base d’un bilan partagé de l’impact des lois de finances initiales 2025 et 2026 sur la capacité d’autofinancement des grandes collectivités urbaines que le dialogue doit s’ouvrir.  

France urbaine se tient prête à contribuer à l’élaboration d’une trajectoire financière : 

  • responsable, au regard des impératifs de redressement des comptes publics ; 
  • soutenable, pour les budgets locaux ; 
  • équitable, entre les différentes catégories de collectivités ;
  • cohérente avec les grandes priorités nationales, qu’il s’agisse de développement économique et industriel, de transition écologique ou de cohésion sociale. »

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