
Dans sa conclusion, la Fondation note que de plus en plus de monde prend conscience de l’inadaptation des logements aux canicules, les politiques publiques se font dangereusement attendre. La Fondation pour le Logement appelle à la mobilisation collective de l’Etat, des collectivités, des acteurs de l’immobilier, des bailleurs, des associations, pour mettre en place dès aujourd’hui des solutions concrètes pour que les logements ne soient plus des bouilloires. Des solutions existent, et sont activables dès aujourd’hui.
Cette temporalité est nécessaire compte tenu de l’avancée rapide du réchauffement climatique
Dès la fin du mois de mai, la France a été frappée par une vague de chaleur particulièrement précoce. Il s’agit de la première vigilance canicule déclenchée au mois de mai par Météo France. Depuis plusieurs mois déjà, les modèles climatiques projetaient que l’été 2026 serait marqué par de forts épisodes de canicule en France.
L’année 2025 s’est classée au 4ème rang des années les plus chaudes en France depuis 1900, avec même un été à la 3ème place, causant la mort de 5 700 personnes selon Santé Publique France. De manière générale, les records de températures s’accumulent ces dernières années : comme le montre le graphique ci-dessous, les dix années les plus chaudes depuis 1900 sont toutes postérieures à 2010, et depuis 2020, seule l’année 2021 échappe à cet inquiétant palmarès. Alors que 49 % des Français déclarent avoir souffert de la chaleur dans leur logement en 2025 (baromètre du Médiateur de l’énergie), 48 % des logements, dont le confort d’été est classé “insuffisant”, se transforment en véritables “logements-bouilloires” pendant les vagues de chaleur.

Depuis la première étude « Précarité énergétique d’été : une nouvelle forme de mal-logement » en 2023, la Fondation pour le Logement (anciennement Fondation Abbé Pierre) alerte sur ce phénomène grandissant. Car, comme le montrent les chiffres de cette étude 2026, la précarité énergétique d’été est un phénomène massif, amené à s’aggraver en l’absence d’action politique forte.
La Fondation ne cesse de le rappeler : en matière de précarité énergétique d’été, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Âge, état de santé, zone géographique, milieu rural ou urbain, niveau de revenu, appartement ou maison, sont autant de facteurs qui contribuent à une plus ou moins forte exposition et vulnérabilité aux vagues de chaleur dans le logement.
Cette étude 2026, après avoir analysé les dernières tendances et données sur la vie dans des logements-bouilloires, se penche plus en détails sur la précarité énergétique d’été dans les quartiers populaires, avec un état des lieux des données existantes et des remontées de terrain de la part de professionnels, d’associations et d’habitants, et présente des recommandations pour en sortir. Elle alerte également sur l’inaction coupable du gouvernement et développe des pistes d’action concrètes.
Des quartiers propices aux îlots de chaleur urbains
Les causes de cette plus grande vulnérabilité sont d’abord urbanistiques : les quartiers populaires sont situés en milieu urbain, sans compter que certains bordent des voies urbaines rapides ou des activités industrielles et sont soumis aux phénomènes d’îlots de chaleur urbain (ICU)28. Ils sont souvent davantage bétonnés et minéralisés et moins dotés en espaces verts que d’autres quartiers.
Lors de l’été 2023, Médiapart a réalisé un travail de cartographie des inégalités face à la chaleur dans les quartiers populaires de Lille, Paris et Marseille. Ses auteurs affirment qu’“en superposant la cartographie des espaces végétalisés de ces agglomérations avec celles des revenus des ménages et des températures de surface relevées durant l’été 2022, il apparaît que les habitant·es des banlieues populaires sont surexposé·es aux températures extrêmes, et sont assigné·es dans des espaces urbains minéralisés.”

