
Le 1er octobre l’association « les Petits Frères des pauvres » consacre son rapport 2026 aux liens entre mobilités et isolement.
Il dresse un état des lieux inédit de la mobilité après 60 ans et révèle à quel point se déplacer moins, c’est souvent vivre plus seul. Des chiffres d’autant plus alarmants que la population vieillit et que les personnes précaires sont deux fois plus concernées que la moyenne par l’isolement induit par les difficultés de déplacement.
La mobilité constitue un enjeu transversal du vieillissement. Elle conditionne l’accès aux soins, aux commerces, aux services, aux activités sociales, et plus largement la capacité des personnes âgées à conserver une vie autonome et relationnelle.
Lorsque les difficultés liées à l’état de santé, au logement, s’accumulent, elles conduisent progressivement à une forme d’assignation à résidence et peuvent accroître le risque d’isolement, en particulier pour les personnes les plus modestes. Les préconisations de l’association visent ainsi à agir sur l’ensemble des déterminants de la mobilité des personnes âgées afin de préserver leur autonomie, maintenir leur participation à la vie sociale et prévenir les situations
Pour une société du lien et du bien-vieillir, agissons pour la mobilité des personnes âgées !
1 – Près d’un million de PERSONNES âgées « assignées à résidence ». Le Rapport nomme ainsi les personnes qui ne marchent pas ou très peu, ne conduisent plus et n’utilisent pas les transports en commun. Pour elles, chaque sortie devient un obstacle, quand elle n’est pas tout simplement impossible. Cette situation touche particulièrement les personnes les plus âgées et les plus précaires.
2 – Plus de 3 millions se sentent isolées à cause de leurs difficultés de déplacement. Ce lien entre mobilité et isolement est au cœur du Rapport : moins on sort, moins on voit du monde, plus l’enfermement s’installe. Les personnes en situation de précarité sont deux fois plus concernées que la moyenne.
3 – Une personne âgée sur deux freinée par la douleur ou la maladie. Ces limitations physiques touchent près d’une personne sur deux au quotidien, mais seulement 7 % d’entre elles bénéficient d’une aide pour se déplacer. Quand elles y ont recours, c’est d’abord auprès d’un proche : les aides matérielles comme la canne ou le déambulateur restent minoritaires, souvent par difficulté à accepter ce qu’elles symbolisent.
4 – Une sur trois redoute de chuter. Cette peur touche jusqu’à 45 % des personnes de 80 ans et plus. Elle suffit souvent à limiter les sorties, bien avant qu’une chute survienne réellement.
5 – Après 80 ans, 39 % ont arrêté de conduire. Près de 80 % des personnes âgées conduisent encore, et la plupart jugent difficile de s’en passer. Mais avec l’âge, la voiture s’efface peu à peu : 39 % des 80 ans et plus ne conduisent déjà plus. Son arrêt marque souvent une rupture dans l’autonomie.
6 – Plus de 2,5 millions ont renoncé à voir des proches, plus de 1,5 million à des soins. Autour de chaque logement se dessine peu à peu une « zone de sécurité » que la personne connaît et maîtrise, au-delà de laquelle elle s’aventure de moins en moins. Le renoncement aux soins double presque chez les personnes les plus modestes.
Mots-clefs : mobilités, personnes âgées, santé, social
