
Quels risques globaux sont susceptibles d’impacter les déplacements au niveau local ? Quelles sont les vulnérabilités de nos mobilités ? En vue d’intégrer les enjeux d’adaptation et de résilience du système local de mobilité dans le Plan de mobilités (PDM) en cours d’élaboration, le SMMAG a mobilisé l’Agence d’urbanisme pour un travail exploratoire à l’échelle des trois EPCI concernés (Métro, Grésivaudan, Voironnais).
Pour le SMMAG, le système de mobilité regroupe l’ensemble des éléments nécessaires à la réalisation des déplacements : les infrastructures ; le matériel roulant et les véhicules ; les réseaux et systèmes numériques nécessaires au fonctionnement du système ; les personnels et fonctions supports indispensables à l’exploitation du système ; les usagers eux-mêmes. Les différents éléments qui le composent ne sont pas exposés aux mêmes risques.
Le SMMAG a sollicité l’Agence d’urbanisme en 2025 pour mettre en place une démarche exploratoire poursuivant trois objectifs :
- Comprendre et sensibiliser sur les vulnérabilités du système de mobilité de l’aire grenobloise face aux risques globaux et aux effets du changement climatique.
- Identifier les actions existantes ou à envisager pour renforcer l’adaptation et la résilience du système de mobilité.
- Enrichir le plan d’actions du PDM pour favoriser l’adaptation et la continuité des services de mobilité.
La résilience des systèmes de mobilité face au changement climatique demeure un sujet relativement émergent, malgré des enjeux majeurs liés à la longue durée de vie des infrastructures. Cette thématique gagne en importance, comme en témoigne sa prise en compte dans le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC). Les entretiens montrent que les organisations s’emparent souvent de ces enjeux à la suite d’un événement marquant ayant affecté leur activité. Localement, plus de 25 évènements ont impacté de façon significative le système de mobilité de l’aire grenobloise sur la période 2020-2026.
Une diversité de risques à prendre en compte localement
Parmi les vulnérabilités locales qui ressortent de l’analyse, on peut notamment souligner celle des infrastructures de mobilité, fragilisées par la « dette grise » (accumulation de retards d’entretien lié au contexte budgétaire difficile) et confrontées à des aléas naturels souvent aggravés par les effets du changement climatique.
Les canicules constituent également un problème croissant avec des effets multiples : pénibilité et inconfort des déplacements (marche, vélo, condition d’attente et à l’intérieur des transports collectifs, etc.) ; dégradation des conditions de travail des chauffeurs et agents en charge de la maintenance des transports collectifs et des infrastructures ; fragilisation des infrastructures et matériels roulants et modifications de la demande de déplacements (ex : pics de fréquentation vers les zones de fraîcheur).
Ces vulnérabilités s’inscrivent dans un contexte de contraintes budgétaires croissantes qui affectent les gestionnaires d’infrastructures, les AOM et les usagers. Ces acteurs sont confrontés à un véritable « effet ciseau », marqué par une hausse continue des dépenses (énergie, travaux, matériel roulant, véhicules, etc.) tandis que les recettes stagnent, voire diminuent.
Les risques auxquels doit faire face le système de mobilité sont donc nombreux et de nature très diverse.

Il faudra pouvoir discuter largement et démocratiquement de ce que cela implique comme choix locaux.
