Déclaration des Assises territoriales de l’agroécologie et de l’alimentation

Publié le 30 octobre 2026

Les acteurs des territoires publient une nouvelle déclaration et 18 propositions pour faire de la résilience et de la souveraineté alimentaires une priorité politique.

Les solutions existent. L’enjeu est désormais de créer les conditions permettant aux territoires de les déployer, dans un cadre national et européen cohérent. Face aux crises, les territoires doivent pouvoir agir.

Canicules, sécheresse, incendies, tensions sur la ressource en eau : l’été 2026 a rendu visible ce que les agriculteurs et les territoires constatent déjà depuis plusieurs années.

Notre capacité à nous nourrir dépend directement de notre capacité à préserver l’eau, les sols, la biodiversité et les conditions économiques de la production agricole. La question alimentaire devient ainsi une question de souveraineté.

Une souveraineté qui ne signifie ni repli ni recherche d’une impossible autosuffisance, mais la capacité à mieux articuler nos ressources, nos productions et nos besoins, à sécuriser nos approvisionnements, à préserver nos terres agricoles et à relocaliser certaines productions indispensables.

Depuis plus de dix ans, collectivités, agriculteurs, entreprises, associations, chercheurs et citoyens expérimentent de nouvelles manières de produire, transformer, distribuer et consommer notre alimentation.

Les solutions existent. Mais leur déploiement reste freiné par le manque de moyens pérennes, des cadres réglementaires inadaptés et une articulation encore insuffisante entre politiques agricoles, alimentaires, sanitaires et environnementales.

Trois convictions pour transformer nos systèmes alimentaires

Résilience, souveraineté alimentaire et démocratie alimentaire sont les trois dimensions d’une même ambition : construire des systèmes alimentaires capables de faire face aux crises, de mieux maîtriser leurs dépendances et de donner aux citoyens et aux territoires une réelle capacité à agir.

18 propositions pour renforcer le pouvoir d’agir des territoires

Ces 18 propositions traduisent les recommandations des Assises pour donner aux territoires les moyens d’agir, dans un cadre national et européen cohérent.

Gouverner et planifier la transformation des systèmes alimentaires

  • Élaborer les politiques publiques selon une approche « Une seule santé » puis les évaluer selon des indicateurs partagés, en s’appuyant sur la recherche
  • Installer une gouvernance interministérielle et territoriale partagée, transparente et redevable
  • Faire des stratégies alimentaires territoriales le cadre de la planification à long terme, en s’appuyant notamment sur les PAT

Donner aux territoires les moyens d’agir

  • Donner aux territoires les moyens humains, réglementaires et financiers d’agir dans la durée
  • Garantir la gouvernance territoriale et les moyens pour gérer durablement la ressource en eau
  • Sécuriser les critères de proximité dans la commande publique, comme cela se fait ailleurs en Europe, pour soutenir les filières locales et durables

Préserver le foncier et transformer les systèmes agricoles

  • Renforcer le pouvoir d’agir des collectivités sur le foncier agricole
  • Faire du renouvellement des générations et de la gestion du foncier des leviers de transformation agroécologique
  • Créer les conditions nécessaires à la transformation agroécologique en proposant des innovations, un accompagnement technique et en assumant collectivement l’investissement et les risques associés

Structurer des systèmes alimentaires territoriaux résilients

  1. Structurer des filières reconnectant production, transformation, distribution et consommation qui permettent une alimentation locale de qualité pour les habitants et consolident l’économie territoriale
  2. Anticiper et planifier l’évolution des infrastructures agroalimentaires stratégiques vers des outils territorialisés
  3. Organiser la circularité des ressources dans les systèmes alimentaires
  4. Faire de la résilience alimentaire une priorité des politiques européennes

Garantir le droit à l’alimentation et la démocratie alimentaire

  • Soutenir les démarches territoriales en faveur du droit à l’alimentation et de la démocratie alimentaire
  • Agir sur les environnements alimentaires pour permettre des choix sains et durables
  • Inscrire le droit à l’alimentation dans le droit français

Transformer les règles économiques et commerciales

  • Rendre transparente la formation des prix, mieux répartir la valeur et prendre en compte les impacts sociaux, sanitaires et environnementaux
  • Garantir des échanges commerciaux soutenables pour les producteurs, les mangeurs et l’environnement, compatibles avec une véritable souveraineté alimentaire

Pendant les Assises, les participants ont été invités à sélectionner les propositions qui leur paraissent prioritaires pour renforcer le pouvoir d’agir des territoires. Le résultat du vote fait ressortir 5 priorités.

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