EDF Renouvelables redouble d’échecs avec son projet d’éoliennes dans les Chambaran

Publié le 28 août 2025

Ce projet de 10 éoliennes jouxtant une zone Natura 2000, très riche notamment en chiroptères, situé en partie en zone humide et proche d’habitants par ailleurs, avait déjà fait l’objet d’un avis défavorable unanime de la part de la commission d’enquête présidée par Gabriel Ullmann.

Cet avis faisait lui-même suite, comme le rappelle la commission dans ses conclusions, à de nombreux autres avis défavorables ou très critiques. A savoir de la part du public très majoritairement, de la part des associations qui ont contribué à l’enquête ; il en fut de même pour la majorité des communes consultées par la préfecture qui se sont exprimées. Il en était préalablement de même pour les Services préfectoraux et par le Conseil National de la Protection de la Nature, quasi unanimement défavorables, que ce soit au titre du paysage ou de la biodiversité. L’analyse approfondie de l’expert désigné par le Président du tribunal administratif de Grenoble, s’est montrée également très critique sur le dossier d’enquête pour les thèmes explorés.

Quant à l’Autorité environnementale (MRAe), elle recommandait dès le départ « au maître d’ouvrage de la ressaisir sur la base d’une étude d’impact complétée, témoignant d’une démarche d’évitement plus approfondie, avant toute présentation au public et délivrance d’une autorisation ».

Il est ainsi exceptionnel qu’autant avis, émanant de sources aussi diversifiées et autorisées, soient défavorables à l’encontre d’un projet. On ne peut que s’interroger sur la qualité et la pertinence de ce dernier.

La commission d’enquête arrive d’ailleurs à la même conclusion que la MRAe initialement,  sur l’absence d’évitement du projet au regard du site d’implantation en projet : « La commission est arrivée à la conclusion que la démarche d’évitement n’a pas été menée à son terme et en toute objectivité par le maître d’ouvrage, ce qui l’aurait conduit inévitablement à ne pas porter son choix final sur ce site, avec des riverains aussi proches et en présence d’autres parcs éoliens, de surcroît dans un paysage rural de qualité, au sein d’un milieu naturel aussi remarquable et sensible, et ce, tout en ne tenant pas compte des impacts cumulés, déjà importants, des parcs existants, auxquels s’ajouteront ceux du parc éolien de Dionay ».

Après avoir vainement tenté de s’opposer à une expertise indépendante de ses bureaux d’études, finalement désignée par le tribunal, EDF Renouvelables, mécontente de l’avis de la commission, vient d’exercer un recours auprès du tribunal administratif de Grenoble contre les indemnités de ses membres, qu’elle juge trop élevées par rapport à d’autres enquêtes dont elle a l’habitude. Pour qui a aussi l’habitude de prendre connaissance des rapports et conclusions des commissaires enquêteurs, la comparaison entre le travail de la commission présidée par Gabriel Ullmann et celui d’autres commissaires enquêteurs sur le même sujet, à commencer par le projet de Dionay (38), à proximité du projet d’EDF Renouvelables, ne tient pas, tant l’implication, le sérieux et le rendu ne sont pas comparables.

D’ailleurs, selon nos informations, le tribunal n’aurait même pas jugé utile de répondre au maître d’ouvrage, signifiant par là le refus (tacite) de sa requête. Echec à nouveau. Cela augure mal de l’éventuel contentieux contre l’arrêté d’autorisation préfectorale, s’il était pris un jour.

Mots-clefs : , , , ,

Le commentaires sont fermés.