
Durant cette campagne électorale on assiste à une inversion des valeurs. Voilà que le candidat de la droite, A. Carignon essaye de se présenter comme un bon gestionnaire ; lui aurait l’expérience et les autres sont des incapables. Pourtant la vérité toute nue indique exactement le contraire. Durant les 12 ans de mandat où il a agi comme maire, il a abimé la plupart des services publics importants de la ville de Grenoble.
« Entre 1983 et 1995 à Grenoble pour les affairistes, les copains, les coquins et les grands groupes privés, c’était le bon temps ! Les travaux publics sont souvent surpayés au profit d’entreprises amies. Les privatisations vont bon train. La Lyonnaise des eaux se voit offrir la gestion du service de l’eau et grâce à la privatisation de la régie Gaz-Électricité, elle devient un actionnaire important de la SEM GEG (dont elle va recevoir d’importants dividendes). La Générale des eaux pénètre les parkings, le traitement des déchets, des opérations d’aménagement, augmente son emprise dans la Compagnie de chauffage. Avec la Lyonnaise des eaux, elle se partage l’usine d’épuration inter communale. Bouygues bénéficie illégalement des études sur le tunnel et espère un moment creuser le tunnel sous Grenoble. Des cadeaux conséquents sont faits, sur l’argent public, à des entreprises pour qu’elles viennent s’implanter à Grenoble. Les entreprises financent généreusement les campagnes électorales. »
Voici quelques exemples parmi la liste impressionnante des malversations dont été victimes la Ville et les usagers des services publics et comment nous avons participé activement à redresser la situation. Il ne faut surtout pas que le corrompu revienne aux affaires car comme il n’a jamais admis ce qu’il a fait, il peut recommencer.
Le fait le plus marquant est la privatisation du service de l’eau et de l’assainissement par corruption. Le 3 octobre 1987 Alain Carignon et les hauts responsables de la Lyonnaise des Eaux concluent un pacte de corruption pour la privatisation du service public de l’eau et de l’assainissement de Grenoble au bénéfice de la Lyonnaise des eaux pour 25 ans. Il faudra attendre les actions que nous avons menées de 1989 à 1993 pour que cette corruption fasse l’objet, en 1994, d’une instruction judiciaire… à Lyon ; il faudra attendre 1997 pour que la délibération de privatisation du service public de l’eau de Grenoble de 1989 soit annulée pour tromperie du maire Alain Carignon (CE, 1er octobre 1997, Avrillier, n°133849) ; il faudra nos actions pour que la remunicipalisation du service de l’eau prenne effet en 2000 (avec 90 millions d’euros d’économie pour les usagers de l’eau et l’assainissement de 2000 à 2008). Moins connues du grand public sont les manœuvres de M. Destot après son élection en 1995 à la mairie avec la promesse du retour en gestion publique du service de l’eau. Or en 1996 il poursuit les contrats de délégation du corrompu avec la Société des Eaux de Grenoble (SEG), laquelle était une coquille vide puisqu’une filiale à 100% de la Lyonnaise, la SGEA, avait une sous-concession du service qui s’occupait de tout. Il aura fallu attendre 2000 pour que nous imposions à M. Destot le retour en régie du service. En 1996 l’ADES avait fait une brochure d’une soixantaine de pages critiquant durement la décision de M. Destot de confier le service à la SEG. Cette brochure intitulée « Autopsie d’un Waterl’eau » est disponible en numérique.
La gestion privée de la station d’épuration Aquapole : le 26 avril 1985, Alain Carignon signe avec la Générale des Eaux et la Lyonnaise des Eaux un contrat qu’il appelle de « concession contrôlée » pour leur confier sans appel à concurrence la construction sur fonds publics et l’exploitation de la station d’épuration des eaux usées à Aquapole pour 25 ans à compter de 1989. (A noter que ce n’était pas une concession car c’est la collectivité qui paye les travaux et les usagers et la collectivité qui vont payer des surprofits aux multinationales, sans contrôle jusqu’en 1995).
Dès 1995, on remet de l’ordre dans la gestion financière d’Aquapole et ensuite ce sera la reprise en régie d’Aquapole en 2013 par la Métro qui mettra fin définitivement à la privatisation de ce service.
Maintenant le service de l’eau et de l’assainissement métropolitain a des tarifs très inférieurs à la moyenne des grandes villes avec une tarification sociale simple et performante qui permet à environ 20 000 ménages d’être aidés financièrement pour payer leur facture d’eau et d’assainissement
La privatisation de la régie gaz électricité de Grenoble en 1986 où le premier adjoint de Carignon a joué un grand rôle. Les usagers du gaz et de l’électricité ont payé pour les abus de biens sociaux de GEG et ses filiales, recelés par Monsieur Auguste Bloise, directeur de la société GEG à compter de 1986. Les usagers du gaz et de l’électricité ont payé pendant 30 ans les profits réalisés par les actionnaires de la société GEG et les profits de 505 000 euros empochés de 1986 à 1995 par Monsieur Pierre GASCON du fait de ses rémunérations de président de GEG. Les usagers du gaz et de l’électricité ont payé illégalement sur leurs factures l’éclairage public de la ville (CE, 31 juillet 2009, GEG contre Avrillier, n°296964). Depuis 2014, les directeurs généraux des SEM de la ville sont nommés par l’actionnaire public alors que précédemment c’était l’actionnaire privé qui les nommait. Cela a changé beaucoup de choses dans la gestion de ces sociétés.
Le service public du chauffage urbain a lui aussi été malmené et les actions de l’ADES ont permis d’annuler tous les tarifs depuis 1983 et de remettre sur pied ce service public important pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Et au cas où vous seriez sceptiques sur la manière dont les marchés publics étaient pillés pour financer des activités politiques voici un apport très précis de Guy Névache (décédé en 2020) qui a collaboré avec Carignon après une longue collaboration avec Dubedout.
Alors que les corrompus à Grenoble et en Isère, leurs nombreux adjoints et conseillers généraux, membres de cabinet et directeurs d’organismes, intermédiaires en affaires et patrons d’entreprises ont continué à nier les irrégularités avérées qu’ils avaient commises au détriment des biens communs et de la caisse commune, Guy Névache a pu tardivement retrouver un peu des valeurs de sa jeunesse alors que, pas encore corrompu, il était aux côtés de Pierre Mendès France : il a en effet été le seul à avoir reconnu ses fautes et a décrit en partie ce système de corruption, y compris lorsqu’il était appelé comme témoin devant la justice.
Ainsi lors de l’audience du 8 septembre 1998 au tribunal correctionnel de Grenoble qui va relaxer Claude Francillon et Le Monde (qui avaient publié début 1995 un article intitulé : « L’affaire Névache éclabousse la classe politique Grenobloise »), Guy Névache, appelé à témoigner, va décrire le système des pots de vins organisé par M. Carignon sur tous les marchés de l’agglomération : 2% des sommes des travaux réalisés par les entreprises étaient reversées aux partis politiques : 1% pour le RPR, 0,5% pour le PS et 0,5% pour le PC.
M. Névache a reconnu ses fautes, dont les détournements à Grenoble Isère Développement sur les marchés du CHU, l’appartement du SIEPARG, la valise d’argent de retour de Suisse, et a rompu avec ces pratiques du passé, à la différence de M. Carignon qui n’a jamais reconnu les faits graves pour lesquels il a été sévèrement mis en cause à plusieurs reprises.
Mots-clefs : Corrompu, grenoble, Mémoire, municipales 2026, services publics
