L’INSEE vient de publier une grande étude sur le logement en France de 220 pages fondée sur les données du dernier recensement de 2013. Cette étude note certaines évolutions globales : après le développement accéléré du choix de la maison individuelle, l’INSEE observe depuis 2008 un repli de ce mouvement et un retour aux appartements avec pour causes, les coûts environnementaux du transport automobile, le vieillissement de la population et l’importance des gains de productivité grâce à la concentration des activités. La mobilité résidentielle tend à se réduire (à cause du vieillissement), particulièrement dans le secteur social. On retrouve les évolutions que l’on connait à Grenoble et son agglomération, une augmentation plus importante du nombre de résidences principales que de la population dans des proportions assez proches. En 2013 Grenoble a le même nombre d’habitant qu’en 2008, mais 51 % de logements en plus, alors qu’au niveau national, entre ces deux dates, il y a eu 76 % de logements en plus mais avec une augmentation de la population de 28%.
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Les conditions de logement en France
Taille des logements à Grenoble
La superficie des résidences principales est beaucoup plus faible à Grenoble qu’en France et plus faible que sur l’ensemble de la métropole grenobloise. Il y a beaucoup plus de petits logements et les logements ont moins de pièces. A Grenoble il n’y a que 4% de résidences de plus de 120 m2 alors que dans l’agglomération c’est 8,5% et en France métropolitaine de 15 %. Les écarts sur le nombre de pièces est aussi net : seul 13 % des résidences ont 5 pièces ou plus à Grenoble alors que dans l’agglomération il y en a 23,6 % et en France 35 % !
Ces chiffres ne sont pas surprenant car le prix des logements dans une grande ville (en location ou à l’achat) est beaucoup plus élevé qu’ailleurs alors que les revenus des ménages ne sont pas sensiblement différents à Grenoble, dans la Métro et au niveau national. A Grenoble la superficie moyenne d’une résidence principale est d’environ 65 m2 et elle a en moyenne 3 pièces.
Propriétaires et locataires à Grenoble
En France en 2013, près de six ménages sur dix (57,6%) sont propriétaires de leur résidence principale. Cette proportion est stable depuis le début des années 2000 après avoir régulièrement progressé durant ces trente dernières années (51 % en 1984). Cette stagnation est due au coût des logements qui ont explosé à partir de 2000.
Mais dans les grandes villes le taux de propriétaires occupants est beaucoup plus faible : dans la Métro c’est 51% et à Grenoble c’est seulement 38 %.
Le taux de logements HLM loués vides est d’environ 17,5 % au niveau national alors que dans l’agglomération il est de 15,8% et à Grenoble de 16% ; ce taux est stable à Grenoble depuis de longues années.
A Grenoble, il y a une corrélation très forte entre le taux de logements HLM (loués vide) en 2013 et la médiane des revenus du quartier IRIS (valeurs 2012). C’est tout à fait normal puisque l’accès au logement HLM est sous conditions de ressources et que l’accès à la propriété exige des revenus suffisants vu les prix de l’immobilier à Grenoble. En dessous de 10 000 € de médiane des revenus le taux de HLM dépasse les 60 % des logements et à partir de 20 000 € le taux de HLM est en dessous de 20 %.
Les Grenoblois déménagent souvent
Les Grenoblois bougent beaucoup. Il y a seulement 80 % des grenoblois qui étaient dans le même logement un an auparavant et ce chiffre est stable sur une longue période. Par exemple lors du recensement de 2006, seuls 52 % habitaient le même logement depuis au moins 5 ans, en 2013 c’est 49 %. Chaque année de 7 à 9 % des Grenoblois déménagent en restant dans la commune. Chaque année 11% environ des personnes viennent à Grenoble de l’extérieur de la ville. A l’inverse le même nombre quitte la ville, mais le recensement n’indique pas où vont ces personnes. La présence de nombreux étudiants pèse sur ces statistiques.
| Grenoblois habitant 1 an auparavant | 2013 | 2012 | 2011 |
| Dans le même logement | 80,5% | 80,3% | 81,2% |
| Dans un autre logement à Grenoble | 8,9% | 8,2% | 7,5% |
| Dans une autre commune | 10,6% | 11,5% | 11,3% |
Nombre d’enfants par famille à Grenoble
La moitié des familles sont sans enfant à Grenoble, ce qui est supérieur à la situation française et celle de la Métro. Il y a en moyenne par famille ayant des enfants : 1,76 enfant à Grenoble en 2013, 1,78 à la Métro et 1,8 en France. Le nombre moyen a un peu diminué depuis 1999 à Grenoble passant de 1,78 à 1,77 en 2006.
Mais avec l’augmentation de la population, il y a 1200 enfants de plus en 2013 qu’en 2006.
Les différences sont surtout pour les familles avec 2 ou 3 enfants qui sont nettement moins nombreuses à Grenoble (25,2% contre 28,1% à la Métro). Les statistiques de l’INSEE ne comptent que les enfants de moins de 25 ans.
Activité et chômage à Grenoble
Entre 2006 et 2013, le nombre de chômeurs habitant Grenoble a augmenté de 26 % et atteint presque 12 000 personnes sur une population (de 15 à 64 ans) de 111 000 personnes. Certes le taux de chômage de 10,6 % à Grenoble est inférieur à celui du niveau national qui est de 13,6 %. Une municipalité n’a pas la capacité d’agir directement sur le chômage, par contre par ses dépenses publiques, notamment en investissement elle peut aider au maintien d’emplois publics ou privés. Cette augmentation du chômage s’est effectuée durant le mandat municipal précédent et les choix économiques faits de privilégier le high-tech n’a pas permis d’atténuer cette hausse du chômage. Les choix actuels fait dans le cadre de la transition énergétique et écologique devraient être plus profitables à l’emploi local.
A Grenoble la population de 15 à 64 ans se répartie entre 70,1 % d’actifs et 29,9 % d’inactifs (étudiants, retraités…). Il y a plus d’inactifs que la moyenne nationale (26,8%). Parmi les chômeurs 49,5 % sont des femmes (au niveau national 50,9%), il y a 25,6% des chômeurs qui sont âgés de 15 à 24 ans et 6,6% entre 55 et 64 ans.
Légère évolution de la population de Grenoble
En début de chaque année, l’INSEE publie les résultats des recensements des populations des communes. Pour Grenoble la population municipale légale pour l’année 2014 est égale à 160 779 habitants en légère augmentation (+ 564 habitants) par rapport à l’année passée qui était de 160 215 habitants. Le rythme d’augmentation diminue nettement par rapport à l’évolution depuis 2010 qui était en moyenne de 1500 habitants supplémentaires par an.
Il faut être prudent sur l’utilisation de ces chiffres car il ne s’agit pas d’une photographie instantanée de la population issue du recensement partiel effectué en 2016. Jusqu’en 1999, la France effectuait des recensements généraux de toute la population, ce qui était très lourd et n’était fait que rarement. Entre 1962 et 1999 il n’y eut que 6 recensements. A partir de 2004 et chaque année, un échantillon de seulement 8 % de la population des communes de plus de 10 000 habitants est recensé et au lieu de donner les résultats de chaque année, il faut faire la moyenne sur 5 années consécutives et affecter cette moyenne à l’année centrale. En janvier 2017, l’INSEE a fait la moyenne des 5 années de 2012 à 2016 et affecté le résultat à l’année 2014.
Vu cette faible augmentation qui a suivi une plus forte depuis 2010, il n’est pas impossible de voir en janvier 2018 une stabilisation ou une légère diminution pour le recensement 2015.
Voici la définition de la population municipale : « La population municipale comprend les personnes ayant leur résidence habituelle sur le territoire de la commune. Elle inclut les personnes sans abri ou résidant habituellement dans des habitations mobiles recensées sur le territoire de la commune ainsi que les détenus dans les établissements pénitentiaires de la commune. C’est la population statistique comparable à la population sans double compte des précédents recensements…
Dans les communes de 10 000 habitants ou plus, où les enquêtes de recensement ont lieu tous les ans par sondage, le principe du calcul consiste à faire la somme des observations des cinq dernières années, puis à en déduire la commune tout entière en se référant au nombre de logements du milieu de la période, connu par le répertoire d’immeubles localisés.
« Le répertoire d’immeubles localisés (RIL) est une base de données géographiques comprenant l’ensemble des adresses et leur localisation géographique des communes de 10 000 habitants ou plus… ce répertoire est mis à jour à partir :
- des fichiers de permis de construire ;
- du répertoire national des entreprises et des établissements (Sirene) ;
- des fichiers de La Poste ;
- des fichiers administratifs comportant une adresse (que l’Insee est autorisé à utiliser).
Il est également entretenu grâce aux échanges continus d’informations géographiques avec les communes concernées. »
Evolution sur le long terme depuis 1962.
Avant 2006 ce sont les chiffres des recensements suivant l’ancienne méthode qui a disparu après 1999. On peut voir une continuité d’évolution sur le moyen terme depuis 1990 après la forte diminution qui s’est faite entre 1975 et 1990.

L’âge moyen des grenoblois : environ 37 ans
La moyenne d’âge des grenoblois en 2013 a très légèrement augmenté depuis 2006 (passant de 37,3 à 37,6 ans soit + 0,8%). Heureusement le nombre d’enfants très jeunes (de 0 à 5 ans) atteint 7% de la population ce qui compense un peu le nombre de personnes âgées (75 ans ou plus) qui atteint presque 9 %.
Mais ces évolutions sont très différentes suivant les quartiers (IRIS de l’INSEE).
Les quartiers où l’âge moyen est le plus faible (moins de 35 ans) sont : Jean Macé, Europole, Diderot, Gabriel Péri, Esplanade, Grenette, Génissieu, Valmy, Jouhaux, Les Trembles, Arlequin, Vigny-Musset, Village Olympique Sud.
Les quartiers les plus âgés (plus de 40 ans) sont : Trois Cours, Ile Verte Saint Roch, Hébert-Mutualité, Clinique Mutualiste, Eaux Claires-Painlevé, Houille Blanche, Diables Bleus, Clémenceau, Reynies, Péretto, Bajatière-Est, Malherbe, La Bruyère, Village Olympique-Nord.
Logements vacants, une augmentation inquiétante à Grenoble

L’augmentation continue du nombre de logements vacants dans la plupart des villes a fait réagir les associations d’élus et le gouvernement. Le ministère du logement a repris les propositions faites en juin 2016 par les présidents d’agglomérations et de métropoles en mettant en place le « réseau national des collectivités mobilisées contre les logements vacants ». La métropole de Grenoble fait partie de ce réseau.
Pour l’instant ce réseau permettra aux collectivités d’échanger sur les clés de réussite pour identifier cette vacance des logements, comprendre la logique des propriétaires et accélérer la remise de ces logements sur le marché. Le gouvernement devrait préparer « une évolution des dispositifs fiscaux existants pour les rendre plus attractifs et mieux adaptés aux réalités locales ».
Il est urgent d’agir dans la Métro et à Grenoble, le niveau de la vacance des logements atteignant des taux importants et en constante augmentation. La ville de Grenoble en a pris conscience et entend travailler pour obtenir le retour de certains logements vacants sur le marché ce qui évitera de construire plus de logements neufs pour maintenir la population à environ 160 000 habitants.
