Pourquoi la ville de Grenoble est beaucoup plus menacée par les baisses des dotations de l’Etat que les autres communes et pourquoi s’il n’y avait pas eu une réaction très rapide de la majorité elle aura été mise sous tutelle de l’Etat dès 2015 !
Un simple graphique l’explique très bien : c’est la comparaison entre la moyenne des communes et Grenoble en ce qui concerne le taux d’épargne brute. La majorité avait donc complètement raison en tirant le signal d’alarme afin que l’ensemble des Grenoblois comprennent la réalité de la situation.

L’épargne brute est la différence entre recettes et dépenses de fonctionnement. Le taux d’épargne brute est le rapport entre épargne brute et recettes de fonctionnement. Pour une commune ce taux ne doit pas descendre en dessous de 7% sinon la commune ne peut plus payer ses amortissements et son budget est alors irrégulier puisqu’il ne finance pas une dépense obligatoire. Le préfet, bloque les décisions financières de la ville et demande à la Chambre Régionale des Comptes de proposer un nouveau budget en équilibre et l’impose à la ville. C’est la mise sous tutelle. Les élus ne peuvent plus décider des dépenses et des recettes.

Le maire et sa majorité avaient décidé de fermer de nombreux services publics afin de créer un choc dans l’opinion pour faire comprendre à tous les Grenoblois quelles étaient les conséquences des baisses des dotations de l’Etat sur les finances de la ville. Les élus se sont mobilisés pour expliquer au personnel municipal et aux habitants la réalité des difficultés. Globalement on peut dire que cela a été une réussite. Grâce à ce choc, les Grenoblois ont mieux compris les difficultés financières de leur ville.
Depuis le 1er janvier 2015, la Métro a pris de nombreuses compétences nouvelles et les communes lui ont transféré leurs charges et leurs recettes correspondantes. Quand la taxe professionnelle (TP) a été intégralement versée à la Métro, la part communale de la TP a été remboursée par la Métro aux communes à travers l’Attribution de Compensation (AC) et ce montant a été figé depuis 2001. Pour Grenoble l’AC se monte au 31 décembre 2014 à 44,769 M€ et elle n’a pas été revalorisée depuis 14 ans, soit une perte d’au moins 13 M€ par rapport à une situation où la taxe professionnelle serait restée comme recette de la commune car la TP évoluait chaque année au moins de l’inflation et l’AC restait constante.
Il y a 90 ans, le 21 mai 1925, Grenoble inaugurait l’Exposition Internationale de la Houille Blanche et du Tourisme. Elle se déroulera jusqu’au 25 octobre de la même année et attirera 1 050 000 visiteurs venant du monde entier. Un succès total pour la ville de Grenoble qui à cette époque compte 85 000 habitants pour environ 110 000 dans l’agglomération et une bonne aubaine pour son urbanisation.