Il y a quelque chose de bizarre à Grenoble. Les oppositions crient que la majorité est en train de détruire l’attractivité de la ville et au même moment les prix saluant cette attractivité tombent démentant ces déclarations pessimistes. Décidément une partie de la classe politique, n’arrive même plus à regarder les réalités en face : elles nient la réalité financière catastrophique de la ville, elles nient la réalité des économies très importantes faites par la gestion directe du Palais des Sports, elles enfourchent l’opération de contestation purement politicienne de certains commerçants du centre-ville… Elles sont prêtes à tout faire pour dénigrer la ville (le « Grenoble bashing »), mais ces dénigrements systématiques vont commencer à lasser les habitants qui ne s’intéressent pas à ces querelles politiciennes.
Archives pour le mot-clef ‘économie’
Rayonnement et attractivité de Grenoble, des bonnes notes !
Crise du commerce en centre-ville, ne pas se tromper d’analyse
Un certain nombre de commerçants du centre-ville de Grenoble (appartenant à l’association « Label Ville ») poursuivent leur campagne contre la mairie en l’accusant de mettre à mort leurs commerces, avec leurs affichettes violettes. De nombreuses études et comparaisons avec les autres grandes villes viennent démontrer que les accusations de ces commerçants tombent à coté de la plaque et que leurs difficultés sont liées à une crise générale du commerce de proximité et que Grenoble est loin d’être dans les plus grandes difficultés. Un dossier du Monde du 12 janvier 2016 apporte de nombreuses informations qui contredisent les positions de « Label ville ». Ainsi, selon la fédération Procos, qui regroupe 260 enseignes du commerce spécialisé, le taux de vacance commerciale à Grenoble était de 6% en 2015, donc nettement inférieur à la moyenne nationale (8,5% en 2014 dans les 300 plus grandes villes de France). C’est à partir de 10% que Procos fixe le seuil d’alerte.
Critique des marchés globaux
Le contrat global du CREM (marchés pluriannuel de conception/réalisation/exploitation/maintenance), qui ne sépare pas maîtrise d’œuvre des fournitures, services et travaux, a été autorisé par une loi de 2011 prise sous la pression des grands groupes pour remplacer les contrats illégaux de marchés d’entreprises de travaux publics (METP) interdits par le Code des marchés publics en 2001 (cf. illégalités, corruptions, favoritismes, pots de vin de nombreux élus et partis, ententes entre grands groupes, sur les METP des lycées d’Île-de-France).
Attention à l’utilisation d’une SEMOP
Les parlementaires ont inventé une nouvelle forme de partenariat public/privé : la SEMOP = société d’économie mixte à opération unique. Le sénateur de l’Isère, Jacques Chiron en a été un fervent défenseur. L’objet de la SEMOP est très large : être chargée soit de la réalisation d’une opération de construction, de développement du logement ou d’aménagement, soit de la gestion d’un service public pouvant inclure la construction d’ouvrages ou l’acquisition des biens nécessaires au service, soit de toute autre opération d’intérêt général relevant de la compétence de la collectivité territoriale.
Mais la SEMOP n’a vocation à exécuter que le seul et unique objet et contrat attribué par la personne publique. L’existence de la SEMOP est donc liée à la durée du contrat. Il suffit de 2 actionnaires (contre 7 pour une SEM normale) et le partenaire privé peut être majoritaire (entre 15% et 66 % du capital).
Un sondage qui ne va pas plaire à tout le monde
Souvenez-vous de la déclaration de N. Sarkozy, sur l’environnement « ça commence à bien faire » ou les prises de position d’A. Vallini sur les lourdeurs administratives qui l’empêchait de faire rapidement un échangeur autoroutier. Un sondage effectué par OpinionWay pour l’Association Fête de la nature réalisé en ligne les 4 et 5 mars auprès de 1.006 personnes de plus de 18 ans représentatives de la population française, selon la méthode des quotas, indique que 83 % des Français souhaitent que la protection de la nature prime sur le développement économique et des transports dans leur région !
15% seulement jugent « préférable de favoriser le développement économique et les transports quittent à menacer la nature ».
Un nouveau « Guide du commerce de centre-ville »
Le Conseil du commerce de France publie un guide sur le commerce de centre-ville, co-édité par le secrétariat d’Etat chargé du commerce et l’Association des maires de France (AMF).
« Le commerce de centre-ville fait aujourd’hui face à de nombreux enjeux : les défis et les opportunités posés par la révolution numérique, la nécessaire mixité urbaine qui doit allier une offre harmonisée de commerces, de logements et de services, et la faculté à attirer voire conserver une clientèle en centre-ville. Pour répondre à ces défis, le Conseil du Commerce de France a rédigé ce guide pratique à destination des élus locaux. Lire le reste de cet article »
Consultation du public sur la Convention Interrégionale du Massif des Alpes
Une consultation du public s’ouvre le 4 mars sur les documents relatifs au projet de convention interrégionale du massif des Alpes (CIMA) pour la période 2015–2020. Cette nouvelle convention pour le massif alpin constitue le principal outil d’intervention de la politique de la montagne, elle est la déclinaison opérationnelle du nouveau schéma interrégional du massif alpin qui vient d’être réactualisé. L’objectif principal est de permettre la meilleure valorisation possible des atouts des territoires de montagne.
Vengeance, quand tu nous tiens !
JCDecaux sur les abris bus, veut se venger de la fin du contrat avec la ville en punissant « le Rouge et le Vert » ! Ne cédez pas à la publicité !!!
Comment améliorer l’économie française !
Augmenter le PIB français de 16 % ferait baisser d’un seul coup le taux des déficits publics. De 4% du PIB, il diminuerait à 3,4 %… Il suffirait d’intégrer l’économie parallèle dans le calcul du PIB comme le font de plus en plus de pays.
Voici à ce sujet une chronique du 4 octobre, d’un siphonné de la cuvette et de la planète intitulée : « Economie, tout va changer, maintenant ! » qui nous invite à voir un montage vidéo particulièrement réussi.
Comment les « PPP » assèchent l’économie locale
Voila les méfaits des fameux Partenariats Publics Privés (PPP) malheureusement mis en place sur le campus ou sur la Presqu’île pour construire de nouveaux bâtiments. A partir du moment où c’est une société privée qui construit, équipe et gère le bâtiment, elle échappe aux règles des marchés publics et sous-traite à sa guise à qui elle veut. Exemple avec la construction sur la Presqu’île du bâtiment GreEn’ER sur un terrain appartenant au CEA, qui a été confié par les responsables politiques et universitaires au grand groupe Eiffage.
Bastille : ne pas confondre bulles et bull

Les bulles transformées en support publicitaire (avril 2012, photo DR)
Comme nous l’indiquions (R&V du 30 juin 2012) c’est grâce à l’opposition farouche et pugnace des élus de gauche et écologistes sous le précédent mandat municipal (2001-2008) que la Bastille n’est pas devenu le « Luna Park » que d’aucuns espéraient. Mais ceux-là n’ont pas dit leur dernier mot et procèdent par petites touches. Cet espace vert encore un peu « sauvage » à portée de pas de tous les Grenoblois se transforme en effet subrepticement mais sûrement, sous la férule de M. Lambert, directeur du Téléphérique et de l’Office du Tourisme, qui s’épanouit dans sa vocation commerciale.
Des bulles maquillées en supports publicitaires, aux concerts et événements nocturnes pour clientèle choisie en passant par l’idée loufoque d’installer un jour un phare au sommet de la Bastille, le parc de loisirs tant redouté s’installe progressivement. Un terrain de jeu que M Lambert a fait sien et sur lequel « Monsieur une idée par seconde » vient de sévir une fois de plus avec un événement, sponsorisé par une boisson énergisante pour les « d’jeun’s ».
Probablement l’événement de l’année au regard de sa haute tenue culturelle. Rien d’étonnant puisqu’il s’adresse comme souvent à un public étudiant que M. Lambert tient en haute estime. Et pour le prouver, avec le soutien de la marque de boisson énergisante (taurine et caféine) sponsor habituel des sports extrêmes il a organisé un tournoi de… balle aux prisonniers ou ballon prisonnier qui se jouait dans les cours de récréation des écoles primaires. C’est dire combien avec M. Lambert ça n’est pas seulement le corps mais surtout l’esprit qui prend de la hauteur.
Les arbres qui cachent les affaires

Disparition des arbres sur le site du futur hôtel
D’un coup d’un seul, on a fait place nette en abattant encore une quarantaine d’arbres (ceux-là n’étaient pas malades) à l’angle de la rue Hoche et du Boulevard Gambetta, et ici comme ailleurs, certains diront encore que c’est pour la bonne cause. Sur cet emplacement destiné initialement à « un équipement public structurant » (culturel, social, espace vert…) dans le cadre des aménagements de la Caserne de Bonne, et après quelques péripéties (voir notre article du 8 avril 2011), les engins de chantiers sont entrés en action. Au regard de leur absence de réaction, les habitants comme les Unions de Quartiers semblent se satisfaire de ce que le promoteur privé SAS VINCI Immobilier ampute le Parc Hoche de quelques 1300 m2 pour y implanter un Hôtel 4 étoiles de 138 chambres avec locaux d’activités en rez de chaussée dont l’ouverture est envisagée en mars 2014. Un hôtel haut au double sens du terme, en gamme et par sa dimension, 26 m de hauteur environ ce qui conduira à fermer un peu plus la vue et l’accessibilité du public au parc.
ST Microelectronics, attention à l’emploi à Grenoble
ST Microelectronics a présenté lundi 10 décembre son nouveau plan stratégique. Une importante restructuration est en préparation justifiée par d’importantes économies d’exploitation (diminution de 30 % !!), ce qui ne manquera pas de peser sur l’emploi.
Ce nouveau plan a des conséquences immédiates pour Grenoble puisque ST se désengage de la co-entreprise ST Ericsson créée en 2009 avec Ericsson à Grenoble et qui compte 800 salariés sur la Presqu’île.
Les syndicats sont très inquiets et craignent d’importants licenciements. Le site de Crolles en subira-t-il les conséquences ? Difficile de le dire pour l’instant.
La ministre G. Fioraso s’est voulue rassurante en estimant que ST Microelectronics reprendrait l’ensemble des salariés de ST Ericsson. Ce qui paraît d’un optimisme exagéré. Elle a annoncé un plan « nano 2017 » qui devrait prendre la suite de nano 2012. C’est ST qui est demandeur, mais l’Etat demanderait des garanties : pourquoi ne l’a-t-il pas fait auparavant ? Il y a fort à craindre que les collectivités locales soient mises à contribution comme dans le passé.
Siemens, le site de production ferme à Grenoble
L’histoire se termine pour la production de disjoncteurs haute tension, initiée par Merlin Gérin et racheté par Siemens en 2005. Le site de production de Grenoble ferme et 70 salariés ne sont pas reclassés. Siemens va, pour l’instant, conserver ses activités de recherche et développement, maintenance et centre d’affaires à Grenoble, mais pour combien de temps ?
Le comité d’entreprise avait commandé un rapport économique et social qui indiquait que la fermeture de l’activité de production suivait plus une logique boursière qu’économique.
La désindustrialisation de la région se poursuit. Les solutions adoptées en termes de pôle de compétitivité et d’aide sans contreparties aux entreprises ne sont pas efficaces et la politique économique municipale devrait être repensée en profondeur pour s’adapter aux nouvelles réalités.
Politique économique locale

Vue d’artiste du futur Clinatec
Le 19 septembre la conférence des Villes, organisée par l’Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF), dont le président est M. Destot, a planché sur le rôle clef des grandes villes dans la croissance économique et la nouvelle étape de la décentralisation.
M. Destot a notamment déclaré : « Si l’on ne peut qu’être d’accord pour engager un nouveau transfert de compétences au bénéfice des régions, il serait contre productif de leur attribuer toute la compétence économique » ; il a réfuté la notion de chef de file et insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre niveaux de collectivités.
Nous ne partageons pas cette volonté d’autonomisation des communes sur la politique économique. Si on veut l’efficacité c’est bien au niveau de l’Etat et de la région que les grands axes d’une politique économique doivent être définis, c’est le bon niveau territorial. Malheureusement la règle qui fait de la région le pilote de la politique économique a été, ces dernières années, allègrement violée à Grenoble et dans le département à l’occasion des grandes opérations sur la microélectronique à Crolles et la création de Minatec à Grenoble.
Le striptease des bulles

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Comme nous l’évoquions dans l’article du 27 avril dernier, les affaires ont commencé en 2007 avec la promotion d’une enseigne internationale aux couleurs jaune et bleu dont la réputation s’est accrue depuis, grâce à une nouvelle spécialité : l’espionnage de ses employé(é)s jusque dans leur vie privée. Puis on a assisté à une forte accélération avec, tour à tour, une banque mécène, un Salon de la Montagne histoire de prendre de la hauteur, une publicité pour une entreprise mondiale de remontées mécaniques et pour finir, à quelques heures des journées du patrimoine, tout un symbole, les bulles du téléphérique de Grenoble se sont vues recouvrir d’une publicité pour une entreprise grenobloise.

Pour suivre l’évolution du projet, suivez
Le Labo de l’Économie sociale et solidaire a publié une étude intitulée : « Pour une transition énergétique citoyenne ». Il s’agit d’un « Think Tank » qui s’est donné comme objectif de faire connaître et reconnaître l’économie sociale et solidaire (ESS). Il est un lieu d’échanges, de réflexions et d’actions pour une économie respectueuse de l’Homme et de l’environnement.
Le Rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes organise son prochain café citoyen le mercredi 17 décembre, à 20h30 à la Maison des Associations (6 rue Berthe de Boissieux – Grenoble). C’est le retour des cafés citoyens pour réfléchir ensemble à la question des monnaies locales/complémentaires. Pour cela nous écouterons Jean François Ponsot, universitaire grenoblois et économiste atterré ainsi que Olivier Truche, secrétaire du « mouvement sol pour une appropriation citoyenne de la monnaie ». Ils introduiront le débat qui nous le pensons sera riche !