– La FRAPNA régionale dénonce le chantage aux subventions imposé par des collectivités qui ne supportent pas que les associations puissent critiquer certaines de leurs décisions : « la FRAPNA Isère… se voit désormais couper les vivres par le Conseil Général de l’Isère, qui n’accepte pas que l’on puisse contester la légalité d’un projet touristique qui va détruire des dizaines d’hectares des précieuses zones humides des Chambaran. Le projet de Center Parcs devait-il absolument se faire sur une des dernières grandes zones humides non drainées du département de l’Isère qui alimente en eau presque un quart du département de la Drôme ? Nous ne le pensons pas et tant pis si nous sommes punis pour cela ! A qui le tour ? » Pour la FRAPNA, « le partenariat n’implique pas la soumission et encore moins la prostitution des associations ! »
Politique politicienne
Coup de «tonHères» à Saint Martin d’Hères : annulation du PLU !

Photo © DL
Un coup de tonnerre dans un ciel serein. Le 13 novembre 2014 la Cour Administrative d’Appel de Lyon annule le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de Saint Martin d’Hères (adopté le 19 juin 2008) à la demande de l’enseigne Casino qui a une grande surface dans la zone commerciale. L’annulation est prononcée car la commune n’a pas mené régulièrement la concertation obligatoire suivant l’article L 300-2 du code de l’urbanisme.
La Cour est particulièrement sévère avec la commune :
« que l’établissement d’une liste de “ grands enjeux “, dont certains, formulés dans des termes inintelligibles, ne pouvaient d’ailleurs donner lieu à la moindre concertation des habitants de la commune, et dont d’autres se bornaient à évoquer des pistes de réflexion sur les différents secteurs ou équipements de la ville, ne saurait tenir lieu d’objectifs sur lesquels le conseil municipal doit, pour qu’une réelle concertation soit engagée avec les habitants, délibérer au moins dans leurs grandes lignes ; que, par suite, les sociétés requérantes sont fondées à soutenir que le plan local d’urbanisme de la commune de Saint Martin d’Hères a été adopté en méconnaissance des dispositions précitées de l’article L. 300-2 du code de l’urbanisme ».
Quelles vont être les conséquences de cet arrêt ? Le PLU étant annulé, c’est le POS qui redevient le règlement d’urbanisme applicable. Est-ce que les permis de construire déposés pour construire un gigantesque centre commercial vont être annulés ? Espérons que ce coup d’arrêt va enterrer définitivement ce projet de zone commerciale insensée. A suivre.
Le progrès technique pour quoi faire ?
Le philosophe Jean-Pierre Dupuy, qui a beaucoup travaillé sur l’impact des nouvelles technologies et notamment sur les dangers de la convergence des nano et des biotechnologies, a écrit le 12 novembre un article dans le Monde qui résume bien les questions qui se posent. Il attire l’attention sur les implications sur le vivant, mais ne faudrait-il pas réfléchir aussi sur les impacts sur le « pensant » ? Nous faisons notre sa conclusion : « Les champions de l’innovation à outrance traitent de catastrophistes ceux qui demandent simplement que l’on marque une pause pour penser ce que nous faisons. Que sont-ils eux-mêmes, sinon des semeurs de panique, eux qui foncent dans l’obscurité de l’avenir comme un taureau fou ? »
La vraie raison pour laquelle le mathématicien Alexandre Grothendieck s’est retiré du monde
L’origine du retrait du mathématicien Grothendieck est rappelée sous ce titre dans un témoignage important de Laurent Zimmermann, Maître de Conférence à l’Université Paris-Diderot, paru dans Le Monde en novembre 2014.
«Dans son autobiographie non éditée Grothendieck écrit : « C’est à cette époque d’activité intense, pour une cause qui par la suite s’est avérée perdue d’avance, que se place l’épisode que je pourrais aujourd’hui appeler celui de mes adieux ».
Numéro 200 de l’hebdo numérique « Le Rouge et le Vert »
Le Rouge et le Vert est né en 1983 à Grenoble à l’occasion des élections municipales perdues par la liste conduite par H. Dubedout. Petit journal parfois mensuel, mais le plus souvent trimestriel, envoyé à environ un millier de lecteurs, il a fait sa mue en mars 2010 pour profiter des possibilités offertes par internet. L’hebdomadaire est alors envoyé à plusieurs milliers d’adresses électroniques mais il se diffuse plus largement.
Les articles sont tous archivés sur le site internet de l’ADES et grâce au moteur de recherche le lecteur peut accéder à tous les articles d’un même thème.
Ce petit média local est engagé dans le débat politique local, il défend les valeurs de démocratie, d’écologie et de solidarité, mais il se veut aussi outil de formation citoyenne, apportant des informations parfois inédites sur de nombreux dossiers municipaux ou d’agglomération.
Dernières actualités
– Modification du PLU : La commission d’enquête publique sur la modification n° 3 du PLU de Grenoble a rendu son rapport et ses conclusions. C’est une note maximum que reçoit le dossier de la ville : avis favorable sans réserve et sans recommandation. Le conseil municipal de décembre pourra donc adopter cette modification sans problème. Les Grenoblois vont pouvoir retrouver un règlement d’urbanisme simple et compréhensible qui répond aux demandes faites durant la campagne électorale.
Quelles conséquences de l’austérité gouvernementale sur l’emploi local ?
La baisse brutale et très importante des dotations de l’Etat aux collectivités locales va entrainer une très forte diminution des dépenses d’investissement, qui va toucher de plein fouet le secteur local du BTP. Les économies en fonctionnement vont entrainer aussi des diminutions des dépenses des collectivités qui seront obligées de diminuer les services publics et les subventions qu’elles versent. Tout cela va se traduire par une accélération des pertes d’emplois locaux sauf si les collectivités se mettaient à augmenter fortement les taux des impôts locaux ce qui est exclu à Grenoble qui a déjà des impôts très élevés.
L’état des finances de la ville en 2014, totalement dégradé.
Au conseil municipal du 17 novembre, une dernière modification du budget a été adoptée pour terminer l’année 2014. La principale information nouvelle a porté sur le budget du personnel qui atteint en fin d’année plus de 138 M€ au lieu des 131 M€ votés par l’ancienne majorité, soit un décalage de plus de 7 M€, ce qui ne s’est jamais produit dans le passé !
Dans le graphique ci-dessous sont présentés les écarts en millions d’euros entre la réalité des dépenses de personnels et la prévision faite lors du budget primitif de Grenoble.

Traditionnellement l’écart était très faible (1 M€ sur 125 M€). Mais à partir de 2013 (vote du budget fin 2012), il y a un décrochage très important, démontrant une volonté de ne pas décrire dans le budget prévisionnel la réalité des dépenses, c’est la définition de l’insincérité de l’inscription d’une dépense obligatoire.
Trous de mémoire, trous dans la caisse

© Ville de Grenoble
Au moment où des professionnels de la politique réapparaissent au conseil municipal en se permettant de donner des leçons, il n’est pas inutile de rappeler leurs pratiques d’antan qui devraient les rendre beaucoup plus modestes dans leurs interventions publiques. Voici un rappel utile d’une partie de l’histoire grenobloise pas si reluisante que cela.
Monsieur Richard Cazenave, conseiller municipal délégué de Monsieur Alain Carignon de 1989 à 1995, colistier de Monsieur Alain Carignon sur la liste UMP aux élections municipales de Grenoble en mars 2014, a été élu conseiller municipal de Grenoble et y siège depuis mars 2014.
Dans ce conseil municipal de Grenoble, Monsieur Richard Cazenave ne cesse de se faire le donneur de leçons dans la lutte contre la délinquance, comme il le faisait déjà lorsqu’il était dirigeant de la fédération de l’Isère du RPR de 1989 à 1991, député RPR puis UMP de l’Isère de 1988 à 2007.
Le Festival du Film Nature et Environnement du 27 au 29 novembre au Méliès
Le 28ème édition du Festival du Film Nature et Environnement démarre le 27 novembre et se déroulera jusqu’au samedi 29 novembre au cinéma le Méliès.
La FRAPNA communique : « Chaque année, cet évènement accompagne le public à la prise de conscience des enjeux écologiques et valorise le travail des réalisateurs de films de nature ou liés à l’environnement. Contemplatifs ou engagés, ces courts et longs métrages témoignent tous de cette extraordinaire richesse que recèle une nature toujours surprenante, belle et aussi fragile que précieuse… Le cinéma d’Art & Essai Le Méliès nous accueille pour la troisième fois dans sa nouvelle salle en plein cœur de l’éco-quartier la Caserne de Bonne. Son appartenance à la Fédération de l’Isère de la Ligue de l’enseignement, association historique et nationale d’éducation populaire, en fait un partenaire privilégié dans la démarche de sensibilisation par l’image du Festival. Le Café Lumière, café-restaurant du Méliès, vous attend à la sortie de la séance pour déguster ses produits biologiques, et participe ainsi à la démarche globale de notre Festival du Film. »
Le programmee complet est disponible ici.
Survivre et vivre
Le décès du grand mathématicien Alexandre Grothendieck est l’occasion de rappeler l’apport important à l’écologie politique, du mouvement qu’il a créé en 1970 avec deux autres mathématiciens Pierre Samuel et Claude Chevalley. Le mouvement « Survivre et vivre » édite la revue du même nom qui arrêtera sa parution en 1975. Survivre et vivre « lutte pour la survie de l’espèce humaine et de la vie en général menacée par le déséquilibre écologique créé par la société industrielle contemporaine…, par les conflits militaires et les dangers de conflits militaires. »
Dans le premier numéro de la revue, Alexandre Grothendieck dénonce le fait que « les savants poursuivent trop souvent leurs travaux sans souci des applications qui peuvent être faites, qu’elles soient utiles ou nuisibles, et de l’influence qu’ils peuvent avoir sur la vie quotidienne et l’avenir des hommes ».
Ce mouvement s’affirme comme un « laboratoire idéologique de la révolution écologique ».
Eclairage public : étude des scénarios possibles
La Ville va prendre le temps d’examiner tous les scénarios qui permettent à la fois de défendre le service public et le lancement du plan lumière (engagement n° 40 de la nouvelle majorité). Des informations apportent des précisions sur la façon dont a été géré ce dossier par l’ancienne majorité qui a mis en grand danger l’avenir de GEG et de ses personnels.
Dans un communiqué du 13 novembre 2014, le maire de Grenoble indique qu’il « a sollicité officiellement le 7 novembre 2014 le Préfet de l’Isère pour un délai de 9 mois afin d’étudier la faisabilité de l’exploitation de l’éclairage public en régie municipale. A l’issue de cette étude, dont les conclusions seront rendues publiques, la municipalité choisira l’option la plus performante (régie ou marché CREM) pour réaliser son Plan lumière (importantes économies d’énergie, baisse de la pollution lumineuse, amélioration de la qualité de l’éclairage et de la tranquillité publique).
Assises citoyennes, un début prometteur
L’envie et la demande de participation à la vie de la cité ne se dément pas à Grenoble. Plus de 600 participants se sont déplacés à la MC2, vendredi en fin d’après midi pour participer au théâtre forum. Samedi matin et après-midi ce sont 300 personnes qui ont travaillé sur les conseils citoyens indépendants (CCI), la votation citoyenne et les budgets participatifs.
Tout cela est parti de la campagne municipale du Rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes qui a tiré les leçons du mauvais fonctionnement de la démocratie locale durant les années précédentes. La charte de la démocratie locale n’a pas été appliquée et restait trop imprécise et timorée sur les possibilités d’interventions réelles des habitants dans le processus de décision. On a pu le vérifier lors de la séance caricaturale du conseil municipal sur l’Esplanade, suite à la pétition des 10 000 signataires demandant l’arrêt du projet. La majorité Destot-Safar n’a rien compris à ce qui se passait et au lieu de rediscuter réellement du projet a décidé de n’en rien changer.
Politique politicienne
L’union sacrée de la gauche traditionnelle avec la droite iséroise s’est mise en place, pour défendre le grand projet inutile de l’implantation de Center Parcs dans les Chambaran, sur le thème, « il n’est pas admissible que des minorités imposent leur refus à des majorités élues. » Il nous faut peut-être leur rappeler les nombreux exemples où les majorités élues se sont lourdement trompées.
Pôles de compétitivité, pas si efficaces que prévu
L’INSEE a publiée une étude le 29 octobre 2014 sur « L’impact de la participation aux pôles de compétitivité sur les PME et les ETI » sur la période 2006-2009. En voici le résumé :

Chaque année l’INSEE édite un portrait social. Le 18 novembre, l’institut rend celui de 2014 qui est particulièrement déprimant : augmentation de la précarité, les plus fragiles sont encore plus fragilisés, par contre les hauts revenus se portent bien. Le nombre de sans domicile a augmenté de 44% entre 2001 et 2012 ! Tous les indicateurs sont mauvais : chômage de longue durée, inégalités de revenus, bénéficiaires des minima sociaux, sans domicile… Une indication importante qui doit faire réfléchir au moment où sont lancées les métropoles : les revenus sont en plus en forte hausse dans les couronnes des grandes aires urbaines indiquant l’augmentation des inégalités territoriales.
R. Cazenave lors du dernier conseil municipal a fait appel à la vieille lubie de la droite : vendre des logements HLM pour que les organismes, notamment ACTIS, puissent avoir de la trésorerie et ainsi pouvoir continuer la rénovation du patrimoine restant ou continuer à construire du logement social. Madame Thatcher dans les années 1980, a en effet vendu beaucoup de logements sociaux, ce qui a entraîné quelques 25 ans plus tard, une dégradation de quartiers entiers des banlieues des grandes villes anglaises, avec une pauvreté à la Dickens. Cependant, il est vrai que dans le même temps, les quartiers londoniens près de la City, ont été préservés, rénovés et surtout réservés à tous les traders ou autres boursicoteurs de haut vol.
Le 29 octobre, le ministère de la ville publie un premier jeu de données statistiques pour l’analyse de la situation des quartiers prioritaires, susceptible d’aider les acteurs locaux à réaliser les diagnostics de ces quartiers. A Grenoble il y a maintenant 4 quartiers prioritaires : Z0344 Mistral Lys Rouge. Z0345 Villeneuve – Village Olympique. Z0346 Teisseire Abbaye Jouhaux Châtelet. Z0347 Alma-Très Cloîtres-Chenoise.
– Encore une démonstration de l’incompétence de M. Chamussy sur les questions budgétaires lors du conseil municipal du 17 novembre. Lors du vote du budget supplémentaire en juillet 2014, la majorité a fait voter un emprunt supplémentaire de 13,5 M€. Le 17 novembre, M. Chamussy prend prétexte que cet emprunt n’étant pas encore mobilisé, la majorité aurait menti en exagérant la situation financière. Ce que ne comprend pas ou fait semblant de ne pas comprendre, M. Chamussy, c’est que les règles comptables imposent de voter des budgets en équilibre (ce que ne faisait pas la droite lorsqu’elle était aux affaires !). Pour équilibrer le budget supplémentaire, qui voyait une très forte diminution de l’épargne brute, donc une très forte diminution des recettes d’investissement, il fallait de nouvelles recettes issues de l’emprunt. Mais le vote d’une autorisation d’emprunt n’impose pas qu’il soit effectué. Si une bonne gestion permet de ne pas mobiliser une partie ou la totalité des ces 13,5 M€, ce sera très bien pour limiter la dette. Donc au lieu de jouer les donneurs de leçons, M. Chamussy devrait au contraire saluer la rigueur de la gestion budgétaire de la ville, le changement c’est maintenant !