Quand on est autant épris de soi-même, il est bien normal de conforter ce sentiment par quelques petits plaisirs supplémentaires. Geneviève Fioraso, (adjointe au maire de Grenoble, Vice-présidente de la Métro) puisque c’est d’elle qu’il s’agit, capable par ailleurs d’asséner des contre vérités, en regardant sans ciller son interlocuteur droit dans les yeux, a eu la semaine dernière les honneurs de la presse nationale. Et pas n’importe laquelle, en l’occurrence Le Canard Enchaîné. Dans son numéro 4710 à la rubrique récurrente qui cible les parlementaires, l’hebdomadaire s’est fait un devoir d’épingler notre brillantissime députée, pour sa « lettre » distribuée dans toutes les boîtes de la 1ère circonscription de l’Isère, où elle est « parvenue à faire apparaître sa photo seize fois en quatre pages ». Quand on s’aime, on ne compte pas !
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Laisse béton
La frénésie immobilière qui a saisi Grenoble fut un moment motivée par la perspective des Jeux Olympiques. Ces derniers ayant fait long feu, la majorité municipale poursuit sur sa lancée sans autres explications, en maintenant les noms prestigieux et coûteux sur les grands projets d’urbanisme. En clair on concrétise les projets prévus pour les JO mais sans les JO. Pourquoi ou pour quoi faire s’interrogent certains ? « Parce que » s’entendent-ils répondre. Dans ce cadre l’adjoint à l’immobilier ne ménage pas ses efforts. Par exemple, il avait affirmé un temps l’obligation pour la ville d’accueillir des hôtels, de préférence multi-étoilés sans lesquels, prédisait-il, Grenoble et son tourisme mourraient de leur belle mort. Il fallait accroître la capacité hôtelière de la ville. Sans hôtels de ce type, pas de tourisme, pas de congressistes, pas d’hommes d’affaires, bref ! Le vertige.
S’il vient de prendre connaissance d’un rapport commandé par la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) mais aussi par la Ville de Grenoble, La Métro, la Région, et le Club des Hôteliers, notre homme, et la majorité municipale, vont devoir réviser leur copie et redescendre sur terre. Cet audit du cabinet Deloitte indique que « le tourisme d’affaire est très largement impacté par la crise » en ciblant les hôtels deux et trois étoiles mais qu’à Grenoble les résultats constatés « tendent à s’améliorer ». D’une manière générale la majorité des hôtels grenoblois dispose des équipements nécessaires à l’organisation de séminaires et réunions. Le responsable de l’activité tourisme à la CCI est encore plus précis : « près de 20 000 congressistes sont encore attendus dans l’agglomération en 2011… c’est très dynamique, à Grenoble, ça vit… et ce dynamisme tire vers le haut l’ensemble des opérateurs ».
Alors, à l’heure où certains hôtels haut de gamme viennent de se refaire une nouvelle jeunesse, pour qui le projet d’hôtel 4 étoiles rue Thiers qui a fort heureusement capoté grâce au recours déposé par des riverains ? Pour qui cet hôtel 4 étoiles prévu Parc Hoche sur un emplacement réservé à l’origine à un équipement public ? A quoi bon cette obstination bétonnière quand la réalité dément ses initiateurs ? Faut-il y voir d’autres intérêts que l’intérêt public ? Autant de questions auxquelles la majorité municipale se devrait d’apporter les réponses à la lumière de l’étude qu’elle a elle-même commandée.
Le social à la sauce techno
Au cours de ces dernières années les services sociaux du Conseil Général ont connu une réorganisation permanente. L’idée que pour plus de proximité il fallait réorganiser ces services sur des territoires n’était pas totalement farfelue, même si les 18 circonscriptions d’action sociale existantes répondaient assez bien à ce besoin. On a donc commencé par découper le département de l’Isère en 11 territoires, et l’on a très rapidement communiqué pour faire connaître cette « révolution » en éditant une plaquette en couleur sur papier glacé, qui sera malheureusement mise au pilon quelques mois plus tard. En effet de 11 territoires on est passé à 13 territoires, histoire probablement de contenter quelques conseillers généraux qui avaient dû se sentir lésés. Pendant ce temps on a procédé à des rénovations ou des acquisitions de locaux neufs, ce qui a donné lieu à des déménagements et des adaptations successives des travailleurs sociaux et évidemment du public.
A Grenoble on s’est particulièrement distingué, en peu de temps le territoire d’abord implanté rue Moyrand a migré à Europole pour finalement s’installer bientôt avec l’ensemble des services sociaux de l’agglomération grenobloise dans des locaux (loués, achetés ?) Caserne de Bonne. Cette dernière initiative a provoqué une levée de boucliers immédiate des maires concernés, tous de la majorité départementale, qui se sont fendus d’un courrier au Président du Conseil Général, A. Vallini, le 21 décembre dernier. Ils s’étonnent que « cette démarche n’ait fait l’objet d’aucune concertation avec les conseillers généraux des territoires concernés, pas plus qu’avec aucun élu des communes de l’agglomération ».
Quant au fond, les élus estiment que cette démarche constitue « un grave recul de l’action territoriale fondée sur le partenariat avec les services sociaux des communes (CCAS) et les associations ». En effet poursuivent-ils, déplorant l’idée d’un regroupement des services sociaux polyvalents (assistants sociaux), PMI (Protection Maternelle et Infantile) et l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) hors des centres sociaux, « cette démarche aurait des conséquences particulièrement graves… d’abord pour le public concerné ». La lettre continue sur ce ton, pointant tour à tour les incohérences et les difficultés à venir, et demande pour finir au Président du Conseil Général de suspendre la mise en œuvre de ce projet. Certains signataires sont à la fois Maires et conseillers généraux, comme Marc Baïetto (Eybens) et René Proby (St Martin d’Hères). D’autres maires signataires ne sont pas eux-mêmes conseillers généraux, mais certains de leurs conseillers municipaux le sont comme à Echirolles par exemple ou encore à Grenoble où J. Chiron et A. Pilaud portent la double casquette.
Qu’est-il donc advenu à la suite de ce courrier ? Eh bien, rien. Car les mêmes qui s’étaient insurgés contre la réorganisation en cours des services sociaux, l’ont tous, dans une belle unanimité, approuvé ou l’ont laissé approuver au Conseil Général. Leur main droite devait ignorer ce que faisait leur main gauche ! Pas facile à vivre, le cumul des mandats, surtout pour la population.
Si on réfléchissait un peu plus…
A propos des budgets de nos collectivités publiques retenons cette orientation du président du conseil général de Meurthe et Moselle qui milite par ailleurs pour le développement durable ou soutenable des territoires. Face aux réticences des conseillers généraux à voter les dépenses de fonctionnement (dont les dépenses dites sociales) alors qu’ils jubilent lorsque vient le moment de voter les investissements (le hardware, les routes, le béton et le goudron, bref «l’inaugurable»), il a pris la décision de faire une distinction au sein des dépenses de fonctionnement entre celles qui servent à faire fonctionner l’appareil, le cabinet et les bureaucraties, qu’il faut réduire au maximum et celles qui concernent les gens, les personnes, bref les citoyens les moins aisés et qu’il faut absolument maintenir à un bon niveau compte tenu des multiples crises qui les assaillent. Il les appelle «l’investissement humain». Parfois les mots ont une importance capitale : l’investissement c’est bien, la dépense sociale, c’est mal.
Si on réfléchit bien à ce qui s’est passé ces derniers mois, Villeneuve et autres évènements, faut-il continuer à privilégier le hard, les lieux (cf. la tabula rasa de l’ANRU et la démolition du 50 Galerie de l’Arlequin) et dénoncer les gens (ce peuple qu’il faudrait dissoudre comme disait ironiquement Brecht, ah si on avait d’autres habitants à la Villeneuve !) tout en négligeant les réformes nécessaires de nos institutions : combien d’agents dans les services en première ligne, au contact des gens, qualifiés et bien payés capable d’apporter une valeur ajoutée réelle à ces territoires en intégrant mieux leur action (la fameuse transversalité).
Lieux, gens, institutions, trois composantes essentielles des territoires, quels qu’ils soient, et dont la combinaison produit une atmosphère dont on peut souhaiter qu’elle soit de qualité pour favoriser le développement des gens.
Vous avez dit démocratie locale à la Villeneuve…
- L’élue du secteur 6, H. Vincent (PS) pose des lapins aux habitants en leur annonçant des permanences pour les recevoir qui ne sont pas tenues. C’est ce qui s’est passé le 21 décembre 2010 et s’est reproduit le 20 janvier 2011 au Patio à la Villeneuve, l’adjointe au logement qui devait la remplacer n’est pas venue. Des locataires du 50 Galerie de l’Arlequin se sont déplacés afin d’avoir des réponses sur leur avenir concernant leur relogement, la démolition de leur immeuble, le projet de rénovation urbaine. Alors que de nombreux locataires sont très inquiets de la décision de démolition qui leur a été annoncé, sans que celle-ci ait été votée par le Conseil municipal, les élus de la majorité les ignorent, ils doivent avoir des questions beaucoup plus importantes à traiter !
- Certains locataires d’appartements au 130 Galerie de l’Arlequin (dont 6 pourraient être démolis pour l’aménagement d’une voirie) font remarquer à juste titre qu’il serait bienvenu de la part des élus de la majorité de prendre contact, non seulement avec le propriétaire, mais aussi avec les locataires qui occupent des logements depuis plus de 25 ans, ce qui n’a toujours pas été fait. Décidément la dimension humaine passe après les questions du bâti.
Cantonales à Grenoble
L’ADES soutient des candidats aux élections cantonales à Grenoble :
Sur le canton 3, c’est Hakim SABRI qui est candidat d’Europe Ecologie – les Verts avec comme suppléante Pascale Perrin représentant les Alternatifs. |
Sur le canton 6, c’est Christine Garnier qui est candidate d’Europe Ecologie – les Verts avec Jo Briant comme suppléant représentant les Alternatifs. |
Sur le canton 1, nous soutenons Olivier Bertrand qui est candidat d’Europe Ecologie – les Verts, et qui est le conseiller général sortant. |
Nous détaillerons prochainement leurs propositions essentielles pour réaliser une vraie politique de gauche et écologique au Conseil général et retrouver de l’éthique en politique.
Les pratiques politiques ne pourront changer qu’avec le pluralisme politique et la parité. Seule une véritable alternative pourra faire reculer l’abstention.
La Métro budget 2011 du bon et du mauvais
Le 28 janvier, le conseil de la Métro a débattu du budget 2011 qui a été adopté sans surprise. Le débat a beaucoup tourné autour de l’augmentation très forte de la TEOM (+25 % en moyenne et +30 % à Grenoble).
Au nom d’ « Ecologie et Solidarité » Gilles Kuntz s’est réjoui de voir que l’ordre des priorités politiques de la Métro évoluait dans le bon sens, la solidarité étant clairement mise en avant. Il a dit espérer qu’à l’avenir cet affichage se traduise réellement dans les chiffres, indiquant également qu’il fallait stabiliser rapidement la dette très élevée, et mettre un terme à l’augmentation des impôts locaux qui sont une véritable injustice.
Sur la question des impôts, toujours les mêmes réponses : cela ne va peser que pour quelques euros de plus par mois, comme si il n’y avait que les impôts locaux qui augmentaient. Tout augmente et les revenus eux ne suivent pas. Pour les ménages les plus modestes lorsqu’ils ont payé le logement, les charges, l’électricité, l’eau, les impôts, les transports… le reste à vivre diminue comme peau de chagrin. La crise sociale est profonde et il serait temps que les responsables politiques en prennent la vraie mesure, mais ils semblent vivre dans un autre monde.
Le Président a défendu l’augmentation des impôts en déclarant : « je ne fais pas partie de ceux qui, dès lors qu’on parle de fiscalité, s’agitent comme un diable dans le bénitier ». Il a aussi expliqué que la politique suivie était la bonne, notamment que c’était bien grâce à l’action de la Métro que la recherche publique grenobloise a eu tant de succès ces derniers temps. A ce propos, un peu de modestie serait bienvenue, car ces succès sont dus à uniquement à la qualité des équipes de recherche grenobloises.
Quand Mme Fioraso ment en public…
Gilles Kuntz a relevé dans le document budgétaire distribué aux élus de la Métro (page 5), une dérive sémantique lourde de sens : au lieu du triptyque bien connu « Université, recherche, industrie » il était indiqué « Université, recherche, haute technologie ». Or l’industrie et la haute technologie ce n’est pas pareil, et cette dérive montre bien quelles sont réellement les priorités : tout pour le high tech et nous serons sauvés !
Devant cette remarque, la 1ère vice-présidente a déclaré avec sa rigueur habituelle qu’elle avait relu avec beaucoup d’attention le budget et que nulle part il n’y avait ce glissement sémantique. Pas de chance, elle s’est pris le pied dans le tapis en démontrant qu’elle n’avait pas lu le document budgétaire avant de le voter.
Autre intervention intéressante de G. Fioraso, qui a demandé instamment aux maires des communes de l’agglomération de tout faire pour ne pas construire de logements dans leurs zones d’activités économiques. C’est l’hommage du vice à la vertu, car G. Fioraso a été l’artisan de la refonte du PLU (plan local d’urbanisme) de la Presqu’île à Grenoble pour permettre de nombreuses opérations de logements, voir notamment les 11 tours sur le terrain dit Schneider.
La Villeneuve, les mauvais choix
Le projet de requalification du quartier de la Villeneuve a été arrêté sur ses grands principes en avril 2008 au Conseil municipal de Grenoble, qui a voté la convention ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine).
A propos des silos, il était prévu dans cette convention la démolition et la reconstruction en enfouissement des parkings silos 3 et 4, avec restitution de l’offre actuellement occupée ; et la requalification du silo 5. Le tout pour 10,55 M€.
Ce n’est pas du tout ce qui a été décidé récemment par le Conseil municipal, ni ce qui est mis à enquête publique jusqu’au 7 février 2011. Le nombre de places n’est pas conservé et le coût du projet de la majorité municipale atteint 14 M€.
Le projet des habitants de réhabilitation de silos répond mieux et pour moins cher aux exigences de conserver le nombre de places de parking en ouvrage, condition essentielle pour faire venir de nouveaux habitants à la Villeneuve.
A propos de la démolition d’appartements au 50 Galerie de l’Arlequin, il était prévu d’en vérifier l’opportunité, ce qui n’a pas été fait. Un des cabinets d’architectes, Interland, a même expliqué qu’il ne fallait pas démolir, il a été écarté. Les locataires du 50 ont été informés qu’ils devront partir bien que le Conseil municipal n’ait pas encore statué sur cette démolition (il va le faire prochainement).
Pour plus de détails voir l’intervention des élus « «écologie et solidarité » au conseil municipal du 24 janvier.
Le budget 2006 de la Métro était illégal
Le budget 2006 de la Métro avait organisé un hold-up de 3 millions d’euros dans le budget annexe de l’assainissement pour équilibrer le budget principal en lourd déficit à cause des dépenses engagées pour le stade. R. Avrillier, qui était vice président chargé de l’assainissement, sachant que ce hold-up allait entraîner à terme des augmentations de tarifs aux usagers, s’était fermement opposé à cette décision avec le groupe des élus écologistes. Il a déposé un recours contre ce budget, et le tribunal administratif vient de lui donner raison en annulant le budget principal et le budget annexe de l’assainissement. Il aura fallu plus de 5 ans pour faire reconnaitre cette illégalité. Reste maintenant à régulariser cette situation, mais le vice président aux finances de la Métro a déclaré qu’il n’y avait rien à faire puisque le budget a été exécuté ! Voila une drôle conception du droit : l’illégalité est accomplie donc… il n’y a plus rien à voir ! Il n’est pas du tout sûr que ce soit aussi simple… à suivre.
Vous avez dit… coopération ?
La Ville de Grenoble n’est pas la seule à être empêtrée, comme on l’a vu la semaine dernière à propos de Sfax (Tunisie), dans sa politique de coopération décentralisée ou internationale aux contours flous, qui fait la part belle aux régimes en place. En la matière, le Conseil Régional et son Président qui décidément se distingue particulièrement ces derniers temps, n’ont rien à lui envier.
Les 21 et 22 octobre 2010, il a fait voter par l’assemblée régionale une convention de financement d’un montant de 450 000€ réparti sur 3 ans en vue de la réfection de la basilique d’Annaba (Algérie). Voilà donc une occasion, aux yeux des responsables du Conseil Régional, de renouer avec l’Algérie les relations restées en sommeil depuis plusieurs années. Une curieuse occasion pourtant, à tonalité condescendante, où l’on voit une fois de plus le Nord apporter son « savoir faire » au Sud. Où est donc l’échange sur un pied d’égalité, la véritable coopération, qui traiterait par ailleurs avec des personnalités étrangères au régime en place ? Et pour couronner le tout, le choix a porté sur la réfection d’une basilique. La barque était suffisamment chargée pour provoquer des réactions en chaîne sous forme de recours au tribunal administratif tendant à faire annuler une telle délibération. On en compterait pas moins de neuf, dont celui de l’association « comité 1905 Rhône Alpes » qui a tout naturellement vu dans cette délibération une attaque en règle contre la loi de 1905. Le Conseil Régional a laissé entendre que l’application de cette délibération était suspendue à la décision du Tribunal Administratif. Gageons qu’après s’être fait sonner les cloches, il décidera d’un moratoire pour engager une réflexion approfondie sur la politique de coopération internationale à mener d’abord et avant tout avec et entre les habitants des régions concernées.
Le corrompu et son acolyte devront payer leurs dettes
Nous avions relaté les manœuvres du corrompu et du Préfet Peneau pour essayer de ne pas payer leur dette de plus de 300 000 € au Conseil général de l’Isère. Leur recours gracieux auprès du ministre du budget a été refusé le 13 décembre 2010. Il reste maintenant au Conseil général à mettre la pression pour que le recouvrement soit mis réellement à exécution.
Voir l’excellente enquête réalisée par un journaliste de France Inter qui a été alimenté par de bonnes sources grenobloises : cliquez ici.
De Portzamparc architecte en chef pour le projet presqu’île
On apprend par la presse que l’architecte-urbaniste Christian de Portzamparc va succéder à Claude Vasconi, décédé, pour piloter le projet urbain de la presqu’île. Encore un fait du prince. Cette décision n’est pas passée en conseil municipal et le maire ne jure que par de grands architectes de renommée internationale. C’est bon pour le côté médiatique. Mais parfois donner leurs chances à de jeunes architectes moins connus serait une bonne solution et certainement moins chère pour les contribuables. De plus de Portzamparc est déjà l’architecte du projet Esplanade, cela va faire un peu monoculture.
Le duo qui chante faux
Comme nous l’avions indiqué la semaine dernière, ils n’avaient rien trouvé de mieux que de se rendre à Sfax du 7 au 12 janvier 2011, au moment de la chute de Ben Ali et du combat du peuple tunisien pour recouvrer sa liberté : lors de la réunion du conseil municipal de Grenoble le 24 janvier dernier, piqués au vif par les réactions et questions du groupe des élus « Ecologie et Solidarité » sur ce déplacement incongru, le duo JM. Detroyat et Ph.Falcon de Longevialle a laborieusement tenté de se justifier.
C’est d’abord JM. Detroyat, conseiller municipal chargé de la coopération décentralisée, qui, sûr de son fait, s’y colle et déclare que ces échanges se font dans l’« intérêt respectif » des populations locales, autrement dit sur un pied d’égalité. Comme on aura pu l’apprécier au vu du déroulement des évènements en Tunisie, pour les habitants de Sfax il y avait certainement une impérieuse nécessité d’accueillir des élus grenoblois, à ce moment précis !
L’un des objectifs de ce voyage était « d’apporter notre aide » pour le nettoyage d’une plage de Sfax polluée au phosphate. Quel rapport avec la présence de Ph. Falcon de Longevialle adjoint à l’urbanisme ? Aucun. Sinon qu’une fois le phosphate enfoui, il y aurait sûrement des aménagements à faire au-dessus et pourquoi pas des opérations de constructions.
La raison de la présence dans cette délégation de Ph. De Longevialle adjoint à l’urbanisme, ou plutôt à l’immobilier, est devenue un peu plus claire quand la réhabilitation de la médina de Sfax fut évoquée par JM.Detroyat : alors que ce dernier parlait d’« intérêt respectif », il déclinait des actions faisant apparaître sur fond de condescendance une conception bien particulière de la coopération décentralisée.
Quant à Ph.Falcon de Longevialle, qui s’est dit choqué par les mises en cause dont il a été l’objet pendant cette séance du conseil, il a poursuivi sur le même registre. Non ! a-t-il dit, ils ne se sont pas contentés de rendre visite aux fidèles de Ben Ali à la mairie de Sfax… d’ailleurs, ils n’ont jamais affiché leur soutien au pouvoir en place… la preuve, ils ont même pu rencontrer des personnes de tous bords : des représentants tunisiens de la Ligue des Droits de l’Homme par exemple ? De tous bords on vous dit ! ! Alors qui ? Des universitaires, l’association de protection des oiseaux, le club de tennis… De tous bords comme on le voit…
Nous nous devions de saluer ces deux élus d’exception, dont la hauteur de vue atteint des sommets insoupçonnés.
Ce jour de conseil, leurs collègues de la majorité municipale ne se sont pas mobilisés pour les défendre. Le maire était absent à ce moment de la séance et n’a toujours rien dit à ce sujet : pourtant, il est le premier magistrat d’une des cinq communes Compagnons de la Libération…
Petits potins du Conseil municipal du 24 janvier
Le maire ne sait pas compter
A propos des coûts du parking sous le stade, suite à une question orale des élus écologistes, le maire a indiqué que les amortissements du parking s’élevaient à seulement 112 000 € par an : c’est là un montant très très faible qui suppose que la durée d’amortissement devrait s’étaler sur plus de cent ans, ce qui n’est pas réglementaire… et complètement idiot. Mystère, mystère… Le maire a ajouté qu’il était incapable de donner le coût des intérêts des emprunts liés à ce parking : pourtant, il est très simple de savoir – l’année où les factures ont été payées – quelle a été la part des emprunts (et leurs taux) pour financer l’ensemble des investissements de la Ville. Par exemple durant l’année 2007, les emprunts ont couvert environ 33 % des dépenses d’investissement et le taux d’intérêt était d’environ 4 %. On peut donc considérer que hors subventions, la Ville a dû emprunter environ 3,5 M€ pour payer le parking. A 4 %, sur 25 ans, cela représente 90 000 € par an d’intérêts en moyenne ; c’est un bon ordre de grandeur. Ce parking qui ne sert à rien, coûte donc environ 0,5 M€ par an à la Ville et ceci pendant 30 ans. Vive le gaspillage d’argent public.
Le maire se fait tacler par un de ses adjoints
Dans le débat sur le projet Châtelet, comme à son habitude, le maire a oublié de nommer les élus à l’origine de ce projet durant le mandat précédent. L’adjoint rapporteur de la délibération a pris soin de citer les noms qui avaient été oubliés par un maire à la mémoire bien courte et sélective.
Soyons généreux
Dans une délibération relative à une subvention de 20 000 € pour un grand colloque international scientifique, les élus écologistes ont fait remarquer que dans le budget prévisionnel de ce colloque il était seulement demandé 17 000 € à la ville de Grenoble ! Personne n’a pu justifier cet écart, mais la majorité à tout de même voté les 20 000 €. Quelle générosité ! Mme Fioraso devait présenter la délibération mais elle était absente, ainsi que le maire, serait-ce le cumul des mandats qui a frappé ? A remarquer que le financement de ce type d’opération relève plutôt de la compétence de la Métro. Grenoble est la seule commune de l’agglomération à se distinguer en la matière alors que l’argent manque cruellement, notamment pour les associations en charge de la solidarité et le financement de la présence publique dans les quartiers.
La laïcité grignotée par petites touches
Non contente d’avoir instauré en septembre 2010 des repas « sans viande » dans les restaurants scolaires où certains refusaient de voir le résultat du lobbying d’un petit groupe de pression fondé sur la religion, la municipalité de Grenoble persiste et franchit une nouvelle étape dans les coups qu’elle porte à la laïcité : elle a décidé d’engager une « formation action sur le fait religieux à destination des professionnels des secteurs 3, 5 et 6 » pour un coût forfaitaire de 14 400 €.
On remarquera que les initiateurs de cette « formation » n’ont pas cru bon de devoir l’étendre à tous les secteurs de la ville. Victor Hugo disait « je veux l’Etat chez lui et l’Eglise chez elle ». Qu’est-ce qui peut bien motiver la municipalité pour ne plus assurer à ce point, la liberté de conscience (en l’occurrence celle des agents de la fonction publique) qui est le premier principe fondateur de la Loi de 1905 ? Ceux qui contribuent depuis quelques années à vider de leur sens les mots de Résistance, République… Laïcité, ne devront guère s’étonner de les voir objet d’un hold-up, pervertis et recyclés à la sauce nauséabonde de l’extrême droite.
L’ADES organisera prochainement une formation sur la laïcité.
L’ (A) Vœux
Le programme de la soirée des vœux du maire et de sa municipalité, le 15 janvier dernier, était plutôt alléchant. Des élèves des conservatoires de danse de Grenoble, Bytom (Pologne) et Essen (Allemagne) présentaient un ballet concocté par le chorégraphe grenoblois JC Gallotta sur le thème «Les 3 voiles d’Europa». Voilà pour le spectacle qui chaque année est précédé d’une intervention du maire.
Jusque-là, ce dernier nous avait habitué à faire le bilan de l’année écoulée et à tracer quelques perspectives, grands projets et orientations politiques pour l’année à venir. Cette année, sans doute celle des restrictions, il aura fallu se contenter de phrases telles que «2010 l’année d’un été difficile», suivi d’un tissu de lieux communs comme «les jeunes ne sont pas un problème, mais un espoir», ou autre perle du genre «Grenoble doit rester ouverte à l’Europe, au monde et au Maghreb». Il ne lui restait plus qu’à demander à la directrice du conservatoire de Bytom et au vice-maire de Essen de présenter leurs vœux dans leurs langues respectives et sans traduction (c’est vrai à quoi aurait donc pu servir une traduction?) et après ? Après… rien. Rien sur les JO, la Rocade Nord, le stade, le GF38, l’augmentation des impôts, la vidéosurveillance, les problèmes d’emplois et de logements, le lycée Mounier… On a pourtant connu les envolées lyriques d’un M. Destot plus volubile, enthousiaste, martelant que lui seul et ses amis détenaient la vérité sur cette liste de belles réussites. Mais voilà, si le maire n’a plus rien à dire aux Grenoblois c’est sûrement la faute des écolos. Bonne année !
Petits potins politiques
Le PS a présenté ses candidats aux élections cantonales des 20 et 27 mars prochain en Isère. Cherchez les femmes… Sur 26 cantons seules 5 femmes sont candidates titulaires. La parité avance à grands pas, ou alors c’est la préfiguration de la future assemblée territoriale.
L’UMP38 est sous tutelle parisienne, c’est le calme plat. On apprend tout de même un scoop : il parait qu’Alain Carignon (le corrompu) aurait dit qu’il avait renoncé à la vie publique iséroise. La guerre entre pro et anti Carignon serait donc enfin terminée ! Une telle annonce a déjà été faite dans le passé. Nous observerons avec attention les résultats des élections internes au printemps prochain.
La vie politique n’est pas un long fleuve tranquille à Echirolles. Le 15 janvier, le Dauphiné Libéré annonce que le conseiller général communiste Claude Bertrand ne briguera pas un nouveau mandat aux élections cantonales de mars 2011 et que Mme Rochas (PC) est la candidate désignée par le Front de Gauche. Mais le 17 janvier Claude Bertrand réagit en faisant savoir qu’il apprend par la presse qu’il n’est pas candidat : « La vérité m’oblige à dire que, sans concertation et sans débat, on a décidé de m’écarter en présentant à ma place une autre candidate… ». A suivre.
Les soutiens à Strauss-Kahn pour la présidentielle commencent à se déclarer dans la région. Voici les premiers élus PS de Grenoble qui s’affichent derrière leur champion : Christine Crifo, Michel Destot, Abderrahmane Djellal, Geneviève Fioraso et Jérôme Safar.
La majorité municipale a décidé de faire appel à M. de Portzamparc pour remplacer M . Vasconi comme architecte en chef pour le projet presqu’île. Evidemment ceci s’est fait sans débat au conseil municipal, sans mise en concurrence… C’est le fait du prince ! Au lieu de faire la place à de jeunes architectes pour qu’ils se lancent, le maire ne jure que par des grands noms, c’est plus cher et parfois leur comportement n’est pas toujours adapté à la mise en place d’un dialogue avec les intéressés. On a pu voir l’échec de ce qui se passe avec Yves Lion à la Villeneuve.
L’adjoint à l’immobilier récidive, en s’appropriant le travail des autres. Dans une déclaration récente il s’approprie le projet de la ZAC Blanche Monnier à l’Ile Verte, comme il l’avait fait à propos de la caserne de Bonne. Cette majorité est incapable de reconnaître le travail des prédécesseurs, cela rappelle les photos du politburo sous Staline où, au fur et à mesure des purges, les visages des renégats disparaissaient.
