Le 12 mai, dans le cadre des élections européennes, J.L. Mélenchon (Parti de Gauche) tenait un meeting du Front de Gauche à Alpes Congrès. Il était prévu que le nouveau maire de Grenoble dise un mot d’accueil. Mais le PCF a refusé. Décidément le PC ne sait plus où il habite : alliance avec la droite en 2008 aux municipales, alliance avec le PS en 2014 contre le Rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes. Résultat de cette stratégie le PC n’a plus d’élu à Grenoble.
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Politique politicienne
Vous avez dit républicain ?
Quelques élus avaient une conception curieuse des pratiques de pouvoir. Il va de soi qu’en fin de mandat les élus sortants ne prennent pas de décisions qui pourraient s’imposer à l’équipe lui succédant surtout si ses orientations sont différentes comme l’ont souhaité les électeurs. C’est la simple reconnaissance de la réalité de la démocratie représentative. En effet les élus représentent les électeurs, il est alors normal qu’ils remettent entre les mains de ces derniers les pouvoirs qu’ils détiennent en leur nom. Il serait donc normal que les équipes sortantes ne prennent pas de décisions irréversibles (sauf cas d’urgence) durant la campagne électorale officielle. Certains élus de la majorité sortante se sont permis de prendre des décisions irréversibles jusqu’au tout dernier moment. Légalement le maire reste l’exécutif jusqu’au moment où il est remplacé par son successeur. Michel Destot est donc resté le maire jusqu’au 4 avril, date où Eric Piolle a été élu par le nouveau conseil municipal ? C’est cela la continuité républicaine.
En la matière, l’ancien adjoint à l’immobilier, Philippe de Longevialle a été le plus zélé pour signer de nombreux permis de construire le 1er avril (ce n’est pas un gag !). On peut s’interroger sur les motivations réelles de tels actes qui ne devraient pas exister dans une démocratie digne de ce nom. Cet adjoint restera dans les mémoires comme un prototype de l’élu au service de lobbies et non de l’intérêt général.
Politique politicienne
Michel Destot revient sur les cause de la défaite de la liste qu’il poussait aux municipales. Dans une interview au Point (publié le 22 avril) il répond à la question : «La perte de Grenoble par le PS est l’une des grandes surprises de ce scrutin. Quelles en sont les raisons ? ». Michel Destot «Trois facteurs ont joué. La déferlante de protestation nationale, comme un peu partout ; le FN et une droite à un très bas niveau, à 30 % environ, un résultat aggravé par la présence sur la liste UMP d’Alain Carignon ; et enfin un nouveau candidat socialiste… ». Tout le monde aura compris que dans l’esprit du maire sortant, ce n’est pas à cause du bas niveau (30%) de la droite et l’extrême droite qu’il a perdu (bizarre comme argument), mais parce que la tête de liste PS était nouvelle. J. Safar appréciera. Quant au bilan de sa gestion gauche-droite de son dernier mandat, il n’est pour rien dans ce qui est bien une défaite cuisante. Sur la fin de règne, certains élus, instruits par leur fou, gagnent en lucidité et reconnaissent leurs erreurs. Rien de tel avec Michel Destot qui, sur son blog, ces derniers mois en venait à accuser la médiocrité des Grenoblois.
Rassurons Eric Grasset et Alain Pilaud qui craignent qu’on oublie ce qu’ils ont fait durant le mandat précédent, et qui s’épanchent dans la presse locale. Nous n’allons pas faire comme leur équipe qui s’appropriait tout le travail des autres. Au contraire, non seulement nous ne nierons pas ce qu’ils auront fait de bien mais en revanche nous n’oublierons pas ce qu’ils ont fait de mal. Malheureusement les dégâts sont là : ALPEXPO et son trou abyssal, les trous financiers de la mise en place des rythmes scolaires… et sans doute d’autres dégâts qu’un bilan fouillé de leur gestion fera apparaître.
On peut savourer la coquille de France 3 Alpes dans son reportage sur le fait que le groupe ADIS (Agir pour un Développement Intercommunal Solidaire) présente un candidat à la présidence de la Métro. L’ADIS regroupe de 27 à 29 élus de petites communes et entend peser sur la mise en place de l’exécutif de la Métro. France 3 termine son billet sur l’ADIS : « La gauche a impérativement besoin de l’apport de toute ou partie des voix de l’ADES pour avoir la majorité absolue au sein de l’assemblée communautaire. » Merci pour la pub et nous confirmons que l’ADES pèse d’un grand poids à gauche dans l’agglomération ! Mais pas uniquement à gauche, car elle est là aussi pour orienter l’agglomération vers la transition écologique qui s’impose pour les générations actuelles et les générations futures.
PC Grenoble comme Pas Compris Grenoble
Le PCF Isère qui s’était mis dans le bus Safar pour avoir des élus sans débattre des projets n’a plus aucun élu au conseil municipal de Grenoble : il a brillé par un communiqué d’entre deux tours soutenant Safar contre « le projet catastrophique » du Rassemblement, « l’inflation démagogique de la liste écologiste », « la conditionnalité bloquante des aides aux entreprises » du Rassemblement. Nous sommes passés à deux doigts d’une attaque contre « la menace d’extrême-gauche » que constituerait le Rassemblement, thème développé par Safar, la droite et l’extrême-droite. Dans ce communiqué de la chambre de commerce, pardon du PCF Isère, les représentants du PCF qui voulaient être élus derrière Safar s’opposent clairement à la remunicipalisation des services publics délégués au privé.
Merci patrons.
Grève dans les bibliothèques municipales
Après plusieurs débrayages en décembre 2013 à la bibliothèque d’études, puis en janvier à la bibliothèque Teisseire, le réseau des bibliothèques était à nouveau en grève le 19 février 2014. Dans un tract intersyndical, les syndicats dénoncent la volonté du maire de vouloir remettre en cause l’organisation du travail des agents à la bibliothèque d’études et au musée Stendhal. Ce point étant maintenu à l’ordre du jour de la Commission Technique Paritaire du 21 février malgré la demande de report, les personnels ont décidé de boycotter cette réunion. En l’absence des syndicats, ce CTP n’a pas pu se tenir et a été reporté sans condition de quorum au 3 mars.
Encore une fois la recherche publique est oubliée
Après le Président de la Métro qui a fait un marchepied à Eiffage pour la définition de l’agglomération en 2030, voila la majorité sortante, Destot-Safar qui offre à Bouygues de venir faire un démonstrateur d’un ilot de 90 logements visant l’autonomie en eau, en énergie et l’optimisation des déchets. Les élus Ecologie et Solidarité avaient fortement critiqué ce partenariat public-privé, lors du conseil municipal du 8 juillet 2013.
Mais pourquoi donc les collectivités ne cherchent pas des partenaires publics dans la recherche pour travailler sur ces concepts de constructions innovantes ? Ce n’est pas le rôle d’une commune de permettre, sans aucune contrepartie, à de puissants groupes privés de se faire la main, déposer des brevets, créer des innovations qu’ils pourront vendre ensuite pour dominer un marché qui va se développer à cause du dérèglement climatique.
R. Avrillier : des vœux pour que ça change à Grenoble

Raymond Avrillier (photo tous droits réservés)
C’est une tradition, R. Avrillier réalise des cartes de vœux particulières qui ont toujours une signification politique adaptée à la situation Grenobloise. Pour 2014, en voici une qui montre la mairie entourée par tous les lobbies qui profitent de la politique municipale actuelle.

Tous droits réservés
Une saine lecture pour vos vacances : « Les lois du sarkozysme »
Livre de Thomas Clay, publié aux Ed. Odile Jacob
Malheureusement, le gouvernement actuel ne détricote pas radicalement les lois du sarkozysme. Alors, nous vous encourageons à vous procurer ce petit bouquin (86 pages), pourquoi pas chez Arthaud. Ce petit livre démontre comment le sarkozysme a pris grand soin de défaire ce que l’on a coutume d’appeler notre modèle français, qui doit certes, être amélioré. Les turbulences graves de ces derniers jours sur la transparence de l’exercice des mandats politiques et le cumul des mandats ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
Quelques lignes pour vous mettre en appétit…
Des palmes pour un nageur en eaux troubles !

Bernard Betto (photo tous droits réservés)
M. Bernard Betto est politiquement un spécialiste de la nage en eaux troubles. Il est normal qu’à ce titre il ait été promu officier des palmes (académiques).
Il fut d’abord adjoint au maire corrompu de 1983 à 1995. Ensuite il est resté conseiller municipal d’opposition de 1995 à 2008, votant contre tout ce que proposait la majorité de gauche et écologiste. Lors de la préparation des élections municipales de 2008 il a négocié une bonne place sur la liste de droite menée par M. de Sans Nicolas (mais avec Nicolas Sarkozy), comme la place proposée ne lui convenait pas, il a cédé très facilement aux sirènes de M. Destot pour rejoindre sa liste droite-gauche. Pour services rendus, il a ainsi obtenu un poste d’adjoint. La liste de GO citoyenneté avait posée ses conditions à une alliance de deuxième tour avec M. Destot dont celle consistant à ce que les anciens élus de droite n’aient pas de postes d’adjoint. M. Destot a évidemment refusé et GO comme d’habitude a mangé son chapeau, préférant les postes aux principes. M. Betto est donc adjoint à l’Europe et préside le groupe des élus « Démocrates Européens » (2 membres).
Et si les impôts locaux diminuaient en 2013 à Grenoble ?
Dès le début de ce mandat, l’ADES avait indiqué qu’une autre politique budgétaire était possible à Grenoble sans augmenter les taux des impôts locaux qui sont très injustes et élevés. Avec le groupe des élus « Ecologie et Solidarité » et les mouvements qui le soutiennent, l’ADES a proposé des budgets alternatifs à celui du maire et de la majorité municipale. Aucune de ces propositions alternatives n’a été acceptée par la majorité. Elles indiquaient pourtant des pistes possibles pour maintenir et améliorer le service public en direction du quotidien des habitants, sans augmenter les taux des impôts. Ceci en faisant des économies aussi bien en fonctionnement qu’en investissements et sans alourdir la dette.
Au mépris des promesses électorales qui avaient clairement indiqué qu’il n’y aurait pas d’augmentation des taux des impôts, la majorité (PS, PC, GO, Modem et divers droite) s’est empressée de les augmenter violemment dès le début de mandat. Parallèlement la Métro faisait de même avec la TEOM (Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères) et créait une nouvelle fiscalité mixte avec une taxe d’habitation et une taxe foncière qui font entrer 10 M€ par an dans les caisses de la Communauté d’Agglomération.
L’adjoint aux finances de Grenoble, J. Safar, qui brigue le poste de maire, a fait des déclarations intéressantes à Télé-Grenoble le 20 octobre :
Le PC manque à son deVOIR
Comment s’étonner que les élus grenoblois du PC (Parti Communiste) n’aient aucun scrupule à gérer la ville de Grenoble avec des élus de droite, anciens compagnons de route du maire corrompu ? En général en conseil municipal, ils n’interviennent qu’à propos de la politique nationale, et ce, quel que soit le gouvernement. Il est évidemment plus facile d’évoquer les problèmes nationaux que de se coltiner les dossiers locaux au risque d’y découvrir des éléments susceptibles de les mettre en porte à faux avec leurs grandes déclarations de principe. Mais parfois l’obstacle est difficilement contournable. Témoin, la prolongation pour 30 ans de la concession à GEG dans la configuration actuelle c’est à dire avec la participation de GDF Suez actionnaire principal qui par sa filiale COGAC détient 42, 53% des actions de la Société.
Patrice Voir, adjoint à la santé, chef de file des élus municipaux du PC, mais également membre du Conseil d’administration de GEG, a fait le 22 octobre dernier en conseil municipal une déclaration pour laquelle on peine à trouver un qualificatif : hypocrite, cynique, absurde, en tout cas incohérente et ignorante, ou simplement intéressée.
Dossier GEG : le retour en régie publique était possible et souhaitable
Puisque la majorité municipale a fuit le débat sur une question d’importance, l’ADES apporte des éléments précis et fondés sur l’intérêt d’un changement de mode de gestion des services publics du gaz et de l’électricité à Grenoble. Ces réflexions valent aussi pour la Compagnie de Chauffage mais à un niveau intercommunal. Les modes de gestion des services publics ne sont pas neutres. La Compagnie de Chauffage est dirigée par un directeur salarié de l’actionnaire privé et le contrôle des actionnaires publics est inexistant. La reprise du pouvoir de la collectivité et des usagers passe par la gestion directe en régie publique dont la souplesse est bien supérieure à ce que laissent croire la majorité municipale. Pourtant l’exemple de la Régie de l’eau de Grenoble, qui est un vrai succès, devrait ouvrir les esprits sur cette question. Mais il est vrai que M. Destot n’en voulait pas et nous lui avons imposé le retour en régie contre son gré.
M. Destot, ne volez pas aux Grenoblois-es le débat sur le service public de l’énergie à Grenoble !
Communiqué de presse d’Europe-Ecologie-les Verts Grenoble, ADES, Les Alternatifs
Enorme surprise : la majorité municipale PS-PC-Modem-Divers droite de Grenoble a décidé le renouvellement du contrat de concession de distribution et de fourniture d’électricité et de gaz sur le territoire de Grenoble à la SEM-GEG pour une durée 30 ans sans aucun débat public ni mise en concurrence, la transaction se faisant de gré à gré ! Cette délibération très lourde de conséquences pour tous les Grenoblois-es sera proposée au vote lors du conseil municipal du 22 octobre.
Combien de Grenoblois-es ont entendu parler du renouvellement du contrat de Gaz et Electricité de Grenoble (GEG) ? Très peu. Trop peu !
Pourtant dans les articles 1 et 10 de la charte de la démocratie locale « La Ville de Grenoble s’engage à créer les conditions de confiance réciproque, d’échange et de respect mutuel entre les habitants et la Municipalité, en informant régulièrement les Grenoblois, en rendant lisibles et compréhensibles les projets et en motivant ses décisions. (…) la Ville de Grenoble s’engage à mettre en place une consultation des Grenoblois ». Toutes ces belles affirmations sont balayées d’un revers de main !
Tout de GO !
Comment ne pas être admiratif devant tant d’audace, de détermination, de convictions profondes développées par le mouvement politique local (appendice du PS) appelé GO Citoyenneté. Pour s’en convaincre il faut lire l’article du quotidien régional daté du 16 octobre dernier, intitulé « GO Citoyenneté prépare 2014 » ce qui constitue en soi un scoop, et sous titré « vers un projet municipal ». Où l’on constate à quel point la préposition « vers » marque une réelle détermination. Quant au projet, il pourrait prôner « l’organisation de l’urbanisation et des services lui étant dédiés à l’échelle de l’agglomération ». On en frissonne ! L’emploi du conditionnel dit tout de l’audace de ce mouvement dont les élus qui sont dans la majorité droite-gauche municipale, ont toujours voté sans mot dire (et surtout sans maudire) toutes les délibérations.
La bassesse subventionnée par l’argent public
Claude Jacquier est spécialiste de la politique de la ville, directeur de recherche au CNRS. Il a récemment fait valoir ses droits à la retraite mais n’en poursuit pas moins des activités qui lui tiennent particulièrement à cœur, comme la présidence et la direction (BENEVOLES) de l’ODTI (Observatoire des Discriminations et des Territoires Interculturels), association créée par Hubert Dubedout. Contrairement à d’autres que nous dénonçons par ailleurs, Cl. Jacquier n’est pas un expert estampillé des médias nationaux, loin s’en faut, mais c’est pourtant vers lui qu’ils se sont tournés à l’occasion du drame d’Echirolles. Personne n’est obligé de partager son point vue, mais c’est son analyse que les médias ont recueillie.
Jérôme Safar lui, est conseiller municipal depuis deux mandats, actuellement 1er adjoint chargé des finances, de la politique de la ville, de la prévention, de la sécurité… et occupe à ce titre, pour n’en citer que quelques unes, les fonctions de président de GEG (Grenoble Gaz Electricité), vice président de la Métro et au surplus élu régional, président du groupe des élus socialistes au Conseil régional… Bref ! Un couteau suisse fait homme. Revenant sur le drame d’Echirolles dans le gratuit « GRE city localNews » il explique : « Avec ce drame, le règlement de compte de la Libération… c’est deux ans de boulot qui sont balayés en quelques semaines… » De quel boulot parle-t-il ? Du sien ? Si c’était le cas cela se saurait. Puis au sommet de son art, il déclare « condamner sans réserve les propos tenus par le président de l’ODTI [nous y voilà : ndlr], spécialiste de tout et surtout de n’importe quoi, qui n’a jamais trouvé une solution, vit des subventions et profite des fais divers pour sa gloriole personnelle ». Voilà comment J. Safar en croyant parler de Cl. Jacquier, parle en réalité de lui-même.
PC grenoblois : le kit de survie
Il ne faudrait pas confondre fabulistes et fabulateurs. Les premiers, dont le plus illustre est sans aucun doute J. de La Fontaine, sont auteurs de récits allégoriques qui se terminent par une morale. Les seconds qui n’ont que faire de la morale, transforment la réalité, réécrivent l’histoire, assènent des contre-vérités, comme P. Voir adjoint PC à la santé à Grenoble qui est à ranger incontestablement dans cette deuxième catégorie.
Sorti par la grande porte de la liste de l’Isère aux élections du Conseil Régional en 2010, puis à nouveau candidat dans le Rhône, sa position sur la liste ne lui avait pas permis d’être réélu. Mais à la faveur du départ de T. Braillard, conseiller régional, adjoint aux sports PRG à Lyon, devenu député avec le soutien de G. Collomb, le maire PS de Lyon, P. Voir pourrait revenir sur les bancs de l’assemblée régionale, quand le recours déposé par Ph. Meirieu candidat EELV-PS, sera jugé. C’est à l’occasion de cet éventuel « événement » qu’au cours d’un entretien publié dans le quotidien régional du 30 juin dernier, il est revenu sur les élections municipales 2008 à Grenoble, en donnant un récit tout à fait personnel de la situation politique du moment, notamment :
Au conseil municipal du 25 juin : compte administratif, subventions, PLU, Arlequin
Très souvent absent dès les primaires socialistes, puis pendant la campagne présidentielle, le maire n’était plus habitué à siéger aussi longtemps au conseil municipal. Lundi 25 juin il est apparu visiblement fatigué (certains l’ont même pensé usé !).
Un compte administratif exceptionnel (à en croire le maire et l’adjoint aux finances) !
Il est vrai que les finances de la ville ne se sont jamais si bien portées depuis des dizaines d’années. Le mérite n’en revient pas à la majorité contrairement à tous les discours entendus, mais à l’effort fiscal des Grenoblois qui, au demeurant, s’en seraient bien passés. Rappel : après la campagne électorale 2008 des élections municipales, la majorité se fait élire sur la promesse de ne pas augmenter les impôts locaux. Un engagement facile à tenir puisque les majorités de gauche et écologistes entre 1995 et 2008 avaient redressé les finances mises à mal par le maire corrompu. L’évolution de l’inflation et les constructions nouvelles augmentaient mécaniquement les recettes fiscales ce qui suffisait à équilibrer les budgets malgré le désengagement de l’Etat, il n’y avait donc aucune nécessité à augmenter les taux des impôts. Mais il y avait les Jeux Olympiques de 2018 à préparer, la rocade nord à accueillir et les intérêts privés à aider sans contrepartie et la majorité a pris le prétexte de la crise pour augmenter les impôts.
Or en 2011, la situation financière de la ville est exceptionnelle et démontre que comme dans bien des cas, il n’existe pas qu’une seule politique possible et que les propositions des écologistes étaient très réalistes. Nous ne sommes pas opposés par principe à l’impôt qui devrait être l’outil fondamental de la solidarité. Malheureusement l’impôt local est très injuste, il faut donc le manier avec une grande précaution. Il est possible, en cas de besoin inattendu d’une année sur l’autre de faire évoluer sensiblement les taux des impôts, mais à contrario quand les caisses sont pleines on peut aussi diminuer la pression fiscale. En fait la majorité municipale n’est pas dans cette logique : elle rembourse les impôts (taxe professionnelle) aux grands groupes privés à Crolles (à travers les subventions versées) et les augmente fortement pour les habitants de Grenoble, une vraie pratique de droite très classique.
Politique politicienne grenobloise : diviser pour mieux régner ; la véritable oposition municipale
Les grands stratèges politiques se réveillent au lendemain des élections législatives à Grenoble. On apprend :
Le PS estime que les écologistes d’EELV ont plusieurs problèmes qui rétrécissent leur espace politique, ainsi donc “leur problème, c’est l’Ades ! Tant qu’EELV n’aura pas l’ascendant, tant que le vert sera d’abord rouge, ils n’élargiront pas leur électorat” (Citylocal news du 20 juin). La tactique qui consiste à vouloir diviser est vieille comme le monde et à Grenoble depuis 1983, le pouvoir municipal a toujours cherché à diviser les écologistes et à en débaucher sans aucun succès. A. Carignon a inventé une association écologiste (formée de fans de 4 x4 !) pour essayer de torpiller la liste écologiste en 1989. M. Destot en 2008 a été obligé d’aller chercher un écolo à Seyssins pour lui fournir une petite touche verte… Chaque fois les écolos sont trop rouges et pas assez verts au goût de nos princes. Trop rouges c’est évident, car s’il faut chercher les vrais socialistes ce n’est pas au PS grenoblois qui a abandonné ses convictions qu’on les trouvera, mais à l’ADES. L’histoire grenobloise montre une grande unité d’action chez les écologistes de diverses étiquettes et depuis mars 2008, le groupe « Ecologie et Solidarité » (EELV, ADES, Alternatifs) s’oppose sans aucun état d’âme à la politique de la majorité municipale et vote, quand il y en a, les quelques rares bonnes décisions. L’existence de l’ADES, mouvement politique local, est pour beaucoup dans cette situation historique et la richesse des diverses sensibilités écologistes est au contraire un atout fort pour l’avenir. Que le PS grenoblois ne se rassure pas, l’alliance du rouge et du vert est une bonne alchimie dans la période politique actuelle et en s’élargissant largement elle pourrait disputer efficacement la première place à un PS qui s’est complètement disqualifié sur de nombreux dossiers municipaux.
Les sophistes du boulevard J. Pain
L’aventure, car c’en est une, commence un beau jour du mois de juin 2012 à la mairie de Grenoble. Des habitants, dont certains membres de l’association « Vivre à Grenoble » sollicitent après une première tentative des élus du groupe « Ecologie et Solidarité », des documents auprès du service Urbanisme de la ville. Ils souhaitent en effet, obtenir une copie des rapports rendus par le commissaire enquêteur sur la modification n°2 du PLU (Plan Local d’Urbanisme) et la Révision Simplifiée du PLU, secteur Esplanade. Enorme tâche pour cet homme qui a dû travailler sur deux dossiers d’urbanisme majeurs qui l’ont inévitablement conduit à retarder le dépôt de ses rapports au 31 mai 2012.
Se fondant sur l’article 123-21 du code de l’Environnement qui stipule entre autres : « …copie du rapport et des conclusions est également adressée à la mairie de chacune des communes où s’est déroulée l’enquête et à la préfecture de chaque département concerné pour y être sans délai tenue à la disposition du public pendant un an à compter de la date de la clôture de l’enquête », nos requérants sont alors parfaitement confiants. Nous sommes début juin et il n’y a aucune raison pour que ces rapports ne soient pas mis à disposition du public conformément à la loi. Mais c’est compter sans le refus opposé par quelques fonctionnaires qui invoquent les ordres d’une hiérarchie apparemment plus politique qu’administrative. Zélés ces fonctionnaires n’ont pas hésité à fourbir un argument, repris et confirmé par le directeur de cabinet du maire de Grenoble, qui, s’il ne relève pas de l’absurde, du surréalisme ou de l’abracadabrantesque pour reprendre une formule célèbre, a quelque chose à voir avec le sophisme.

La majorité municipale est contente de son bilan sur le logement social, il n’y a pourtant pas de quoi pavoiser. Avec les destructions et le ralentissement des constructions, on n’avance pas vite vers les 25 % de logement social qui est maintenant l’objectif qu’il faut réaliser à moyen terme. Une autre politique du logement est possible.