Le printemps 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, avec la journée la plus chaude jamais enregistrée le 26 mai. L’amplification du réchauffement climatique se poursuit et ses conséquences pour les personnes, les animaux, la biodiversité et les biens se font de plus en plus prégnantes.
A cause de sa situation géographique au cœur des montagnes et de sa forte densité de population (environ 156 000 habitant-es sur 18km²), Grenoble figure parmi les villes françaises les plus vulnérables au changement climatique. Il est donc vital d’y être plus ambitieux qu’ailleurs. Des températures à plus de 40° ont été enregistrées pendant le mois de juin, avec plusieurs jours de canicule. Dans les Alpes, la température moyenne a déjà augmenté de 2 C° depuis le début du 20e siècle, contre 1,4 C° en moyenne en France. En une cinquantaine d’années, les glaciers des Alpes françaises ont perdu 38 % de leur superficie. Grenoble s’organise.
A long terme, les débitumisations, les plantations d’arbres, la création d’îlots de fraîcheur, les rénovations thermiques, la diminution du trafic automobile, ou encore les expérimentations d’urbanisme permettent d’adapter les espaces publics et les bâtiments au réchauffement climatique.
Le ski a fortement contribué à structurer la gouvernance des territoires de montagne. Les exigences de l’adaptation aux effets du dérèglement climatique nécessitent de la rénover.
Une gouvernance adaptée à une échelle suffisante telle que l’intercommunalité ou le bassin de vie permettrait de mieux intégrer l’ensemble des composantes de l’adaptation, d’organiser les coopérations, et aux collectivités de se doter de moyens d’ingénierie territoriale. Ces réflexions sont à articuler avec les schémas départementaux de coopération intercommunale.
Pour faciliter l’évolution de la gouvernance et la transition de l’économie de la montagne, l’État et les acteurs locaux doivent écrire un nouveau récit pour la montagne « réaliste, sans tabou, loin des clichés urbains, souvent véhiculés par les médias nationaux » comme l’a déclaré le député Joël Giraud. Ce récit doit placer très haut le principe d’adaptation, rassurer l’ensemble des acteurs de la montagne face aux ruptures qui s’annoncent. Il doit permettre à chaque territoire de construire son propre chemin vers un futur viable et désirable en évitant de reproduire les défauts de l’industrialisation du tourisme en montagne. Il peut s’appuyer sur des exemples réussis tels que la station de Métabief (Jura) et sur la forte couverture d’aires protégées. Ces espaces sont porteurs d’aménités environnementales fortes, gage d’adaptation des territoires aux effets du dérèglement climatique en conciliant des ambitions de préservation, de valorisation et d’accueil de population et d’activités économiques.
Le square Lilian Dejean : un nouvel espace vert au cœur de la ville de Grenoble. En travaux depuis le 2 février, le nouveau square situé rue Mallifaud a terminé sa mue. Cet ancien parking est désormais un square végétalisé, concerté avec les habitant-es, et constitue un nouveau lieu de fraîcheur au cœur d’un quartier très minéral et vulnérable aux îlots de chaleur. Il porte le nom de Lilian Dejean, agent municipal au service de la propreté urbaine de la ville, tué le 8 septembre 2024. Le nouveau square est au centre d’un secteur en déficit d’espaces verts. Il offre un nouvel espace de fraîcheur à l’échelle du quartier. Les sols ont été débitumés et permettront une meilleure infiltration des eaux pluviales. Quatre nouveaux arbres ont été plantés en complément des grands platanes qui fournissent déjà une ombre importante. Du mobilier urbain a été installé afin de faire du square un lieu de détente et de rencontres. Le square s’articule avec le projet de transformation du bâtiment situé au 51 rue Mallifaud en un immeuble d’habitation intégrant un tiers-lieu de sociabilité, créant ainsi un nouvel espace convivial au coeur du quartier. Les continuités piétonnes ont été restaurées par la création d’une grande allée en stabilisé (axe Nord-Sud) et d’une allée transversale (axe Est-Ouest), assurant l’accès existant à la copropriété située au sud.
Et si la transition écologique devenait aussi une opportunité de construire une société sans chômage de masse? C’est l’ambition portée par le Manifeste pour l’avènement d’une société du plein emploi durable, publié par Solidarités Nouvelles face au Chômage (SNC) avec l’appui méthodologique de l’ADEME. Fruit de deux années de réflexion et enrichi par les contributions d’une trentaine d’organisations, il propose une trajectoire conciliant emploi, justice sociale et transition écologique à l’horizon 2040.
Réconcilier emploi et transition écologique
Les crises climatiques, économiques et sociales que nous traversons mettent en évidence l’urgence d’agir. Pourtant, les transformations nécessaires sont souvent freinées par la crainte de leurs conséquences sur l’emploi.
Dévoilé lors d’un événement à l’ADEME le 5 juin 2026, SNC souhaite contribuer au débat public en montrant qu’il est possible de relever simultanément les défis économiques, écologiques et sociaux de notre temps sans laisser personne au bord de la route de l’emploi. En d’autres termes, la transition écologique et la lutte contre le chômage doivent être pensées ensemble. Une transition ne peut être durable que si elle est aussi socialement juste et permet à chacun de trouver sa place dans le monde du travail.
Dans la continuité de la Fresque de l’emploi durable, créée en 2022, ce travail propose ainsi un changement de paradigme : construire une économie plus robuste, capable de répondre aux enjeux environnementaux tout en créant les conditions d’un emploi durable pour tous.
Le World Inequality Lab (Laboratoire sur les inégalités mondiales), animé par Thomas Piketty et Lucas Chancel, travaille à la production et à la promotion de la recherche sur les différentes dimensions des inégalités, entre les pays mais aussi à l’intérieur des pays. Il propose de renforcer le débat citoyen sur les inégalités grâce aux données sur les inégalités dans chaque pays.
Ce laboratoire vient d’éditer un rapport sur la justice mondiale qui propose un plan pour l’égalité et la prospérité dans le respect des limites planétaires, avec un revenu moyen mensuel de 5000 € par mois dans tous les pays et un maintien à 1,8 °C d’augmentation de la température dans le monde.
Il s’agit de décrire une transformation mondiale conciliant l’habitabilité de la planète et un niveau élevé de bien-être pour tous est possible, à condition que trois conditions soient réunies simultanément : une décarbonation rapide des systèmes énergétiques ; opérer un changement majeur, passant de la surconsommation à une logique de « suffisance » et un grand changement des habitudes alimentaires (beaucoup moins de viande). L’avantage de ce rapport est de montrer qu’un autre monde est économiquement possible dans une planète habitable pour toutes et tous.
Une enquête menée à Lyon et à Grenoble montre qu’il ne suffit pas qu’un exécutif avec une ambition écologiste arrive au pouvoir pour insuffler des actions publiques de transition écologique. Il faut pour cela repenser aussi l’organisation des services administratifs. Pour répondre à cette question, une recherche a été menée par Gillian Oriol, doctorante en sciences de gestion, spécialisée en management public à l’université d’Aix-Marseille. Elle retrace dans « The Conversation » cette recherche qui repose sur 56 entretiens avec des cadres de la fonction publique territoriale : directeurs généraux, directeurs opérationnels, chargés de mission ; et des élus. L’analyse s’appuie également sur 86 documents institutionnels.
Cela ressemble aux douze travaux d’Hercule. À l’heure du changement climatique, les collectivités locales doivent renforcer la résilience de leur territoire, engager des transformations de long terme, répondre aux attentes des habitants, tout en composant avec les tensions énergétiques, les contraintes budgétaires et en coopérant avec des partenaires encore inégalement formés aux risques climatiques. Face à toutes ces nécessités, comment transformer une ambition politique de transition écologique en action publique locale ?
L’étude montre que la transition écologique locale ne dépend pas seulement de la volonté politique. Elle suppose aussi des capacités administratives concrètes. Quatre conditions apparaissent alors décisives : mesurer les vulnérabilités, transformer l’organisation interne, rendre les arbitrages écologiques acceptables et apprendre à gouverner dans l’incertitude…
L’autorité environnementale (Ae) a été saisie pour avis par le ministère chargé de l’énergie le 16 décembre 2025, sur la 3ème stratégie nationale bas-carbone (SNBC). Elle a rendu cet avis qu’elle a délibéré le 27 mars 2026. En voici la synthèse où l’Ae fait d’importantes recommandations.
« Comme la deuxième stratégie nationale bas-carbone (SNBC), la troisième SNBC a pour objectif de définir une trajectoire qui doit conduire la France à la neutralité carbone à l’horizon 2050 (émissions nationales inférieures ou égales à l’absorption dans les puits de carbone). En complément de cet objectif, la France s’est fixé également un objectif de réduction de son « empreinte carbone » de – 71 % et – 79 % entre 2010 et 2050.
Si le processus de prise en compte de la SNBC progresse dans de nombreux plans et programmes, elle ne se dote pas des outils pour s’en assurer. Au-delà des guides et autres outils de déclinaison qu’elle prévoit, l’Ae recommande d’annexer à la SNBC 3 un récapitulatif des orientations destinées à être déclinées dans les documents de planification territoriale et des modalités d’appréciation de leur compatibilité.
Une nouvelle étude d’I4CE (Institut de l’Économie pour le Climat) du 13 février 2026. Les collectivités locales jouent un rôle central dans la réalisation de la transition bas-carbone. Porteuses des deux tiers de l’investissement public civil, elles interviennent dans des secteurs cruciaux qui structurent durablement les trajectoires de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
D’après le Panorama des financements climat des collectivités locales (I4CE, La Banque Postale, 2024), les collectivités devraient investir près de 19 milliards d’euros par an à horizon 2030 pour atteindre les objectifs fixés par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), soit plus du double des investissements climat qu’elles réalisent actuellement. Pour financer cet effort, les collectivités disposent de quatre principaux leviers budgétaires : le recours à la dette, la mobilisation de leurs ressources propres à travers la trésorerie et la fiscalité locale, les dotations et subventions de l’État et enfin la redirection de leurs dépenses. Ce dernier levier renvoie à la capacité qu’auraient les collectivités à dépenser plus pour la transition énergétique par en diminuant d’autres dépenses qu’elles auraient conduites si elles n’en avaient pas conscience, ou qu’elles conduisaient par le passé.
Dans un contexte marqué par un renforcement de la contribution des collectivités au redressement de finances publiques et le resserrement des dotations en provenance de l’État, le levier de la redirection apparaît comme un levier de financement essentiel pour accélérer les investissements climat des collectivités.
Élections municipales et métropolitaines : l’essentiel à savoir. Un guide réalisé par la Métro explique ce qu’il faut savoir sur les élections des 15 et 22 mars 2026 ainsi que sur le rôle de la Métropole dans le territoire et dans le quotidien. Les élections municipales permettront de désigner les représentants des 49 communes qui composent le conseil métropolitain. Comment sont-ils élus ? Ces élections sont un moment clé de la démocratie locale. Les conseillers métropolitains veulent être des élus de proximité qui débattent, votent et impulsent les grandes orientations de la Métropole pour les années à venir. Voter, c’est donc exercer son pouvoir de citoyen et peser sur les politiques publiques. Quelles sont les 10 politiques essentielles de la métropole ? Et comment se construit un projet métropolitain ?
Grenoble 2040, projeter avec l’existant. Initiée par la municipalité, la démarche Grenoble 2040 s’inscrit pleinement dans une prospective écologique, consciente, collective et positive. Déployée à l’échelle des quartiers, et abordée au prisme de l’urbanisme favorable à la santé, elle invite ses protagonistes, experts comme citoyens, à se doter de nouveaux outils de navigation suivant un cap situé ni trop loin, ni trop près. Aujourd’hui, il est clair qu’une partie de nos futurs est déjà écrite, car dictée par le pronostic climatique et écologique. Mais « Gouverner, c’est prévoir », dit une vieille maxime politique. Dès lors, la construction d’un monde meilleur et plus solidaire constitue une source d’inspiration de nos imaginaires. Et c’est justement là que la prospective peut jouer un rôle formidable pour nous permettre d’imaginer un monde plus adapté et plus accueillant pour nos villes et nos territoires, un monde plus en phase avec les objectifs d’atténuation comme d’adaptation. Mieux nous préparer permet de travailler à un avenir désirable : rien n’est à perdre, tout est à gagner.
Guide de la transition écologique à destination des candidats et des futurs élus locaux. AMORCE propose, à travers ce guide, un ensemble de propositions opérationnelles à destination des candidats et des futurs élus, dans ses champs de compétence : énergie, eau, déchets et propreté. Ces propositions ont vocation à être portées et déployées localement, dès le début du mandat, comme des réponses concrètes aux attentes et préoccupations quotidiennes des habitants. Au-delà des propositions, ce guide est invite nos élu.es à faire de la transition écologique une action collective, portée avec AMORCE et l’ensemble des territoires. Face à l’ampleur des défis, la mutualisation, le partage d’expériences et l’engagement commun sont plus que jamais des conditions de réussite.
Le mandat municipal se termine, le dernier conseil municipal a eu lieu le 2 février, le groupe d’élu-es majoritaire « Grenoble en commun » fait partager ses réflexions sur les investissements d’avenir dans un contexte financier de plus en plus difficile pour les collectivités locales.
Les villes doivent aujourd’hui adapter leurs stratégies d’investissement. Cette évolution conduit à renforcer le recours à des financements croisés, en mobilisant de manière complémentaire des ressources locales, nationales et européennes. Cette logique n’est pas nouvelle, mais elle devient centrale pour maintenir un haut niveau de service public et accompagner les transitions. À Grenoble, cette approche vise un objectif clair : continuer à investir pour la transition écologique, l’adaptation au changement climatique et la cohésion sociale, tout en préservant l’équilibre des finances locales.
Des partenariats financiers révélateurs des priorités locales
Les demandes de cofinancement auprès de l’État (DSIL, Fonds Vert), de la Métropole et de l’Union européenne (FEDER) ne sont pas seulement des outils budgétaires. Elles traduisent les orientations structurantes des investissements municipaux : rénovation du patrimoine public, performance énergétique des bâtiments, adaptation aux fortes chaleurs, amélioration des équipements de proximité. Plusieurs opérations illustrent cette stratégie.
La restructuration du centre sportif la Rampe d’abord, qui s’inscrit dans un secteur concerné par des travaux de renouvellement urbain, et qui combine financements municipaux, nationaux et liés aux programmes de rénovation, afin de moderniser un équipement sportif de proximité.
Un supercalculateur dédié à l’Intelligence artificielle est en construction dans l’agglomération grenobloise, à la limite entre Eybens et Grenoble, près d’Alpexpo. Ce supercalculateur est développé par DataOne, une société financée par des capitaux émiratis, qui ambitionne de développer l’un des plus puissants calculateurs dédiés à l’I.A. d’Europe, avec une puissance finale de 200 MW (200 millions de watts). Initialement il était même question de 1 GW (1 milliard de watts), soit la puissance d’un réacteur nucléaire [1][2] ! Une pétition demande un moratoire contre ce projet qui a obtenu le permis de construire sur l’ancien site de Hewlett Packard.
De 15 MW au démarrage, la puissance du supercalculateur devrait augmenter progressivement. 15 MW correspond à la consommation électrique de plusieurs milliers de foyers [3]. C’était la puissance appelée par le centre de données précédemment implanté par Hewlett Packard sur le même site. 200 MW correspond à 60% de la consommation électrique moyenne totale de Grenoble Alpes Métropole (49 communes) [4].
Les bailleurs sociaux devraient remplacer les derniers chauffages au fioul de leurs logements, à l’horizon 2027, et pour changer une partie des chaudières au gaz, selon l’Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) qui publie le 9 décembre 2025 un état des lieux des vecteurs énergétiques dans le parc des bailleurs sociaux. Cette étude repose sur les données de l’enquête sur les travaux de rénovation énergétique dans les logements (TRELO), réalisée par le Service des données et études statistiques (SDES).
En 2023, 55 % des logements sociaux étaient chauffés au gaz et 21 % via des réseaux de chaleur. Ces deux systèmes de chauffage sont nettement surreprésentés par rapport à ceux utilisés dans le parc privé. À l’inverse, le secteur social recourt très peu au fioul et affiche un taux plus faible dans le déploiement des pompes à chaleur.
Entre 2018 et 2023, les bailleurs sociaux déclarent avoir effectué des travaux sur les systèmes de chauffage de plus de 100 000 logements en moyenne par an, soit plus de 2 % du parc social.
Le Réseau de transport d’électricité (RTE) propose, dans son bilan prévisionnel pour la période 2025-2035, la pertinence d’une électrification rapide du pays pour réduire ses dépendances aux fossiles importés, améliorer sa balance commerciale et permettre sa décarbonation rapide.
La stratégie de décarbonation visant la neutralité carbone en 2050 a été étudiée de manière approfondie dans les dernières publications de RTE (trajectoires des Futurs énergétiques 2050, scénarios A du Bilan prévisionnel 2023). Elle sert d’orientation générale à la planification énergie-climat de l’État.
Cette stratégie engendrerait des bénéfices stratégiques et climatiques considérables.
En effet, la France importe toujours aujourd’hui presque 60 % de l’énergie finale qu’elle consomme.
Elle est de ce fait exposée à des coûts massifs : les imports d’énergies fossiles constituent la première source du déficit commercial national, avec une facture énergétique s’élevant à environ 50 à 70 Md€ chaque année et ayant pu culminer jusqu’à près de 120 Md€ lors de la crise énergétique. Il en résulte une dépendance géostratégique majeure (imports de produits pétroliers et de gaz émanant notamment de Russie, des pays du Golfe et désormais des États-Unis).
Le rapport (en anglais) 2025 du « Global Tipping Points » traite des points de basculement mondiaux. À l’approche de la COP30, il synthétise, les dernières recherches sur les points de basculement à la fois positifs et négatifs. Au total, 160 auteurs, provenant de 23 pays et 87 institutions y ont contribué. Ils consolident les connaissances sur la façon de gouverner les points de basculement du système terrestre, les risques qu’ils posent et les opportunités offertes par la compréhension et l’action sur des points de basculement positifs.
Les grandes banques ont accordé plus du double de financements aux énergies fossiles qu’aux énergies soutenables entre 2021 et 2024. C’est ce que révèle un rapport publié par Reclaim Finance et ses partenaires qui compare pour la première fois à l’échelle mondiale les financements aux énergies fossiles avec leurs alternatives soutenables. L’analyse montre que les 65 plus grandes banques, dont quatre grandes banques françaises, ne sont pas sur la bonne voie pour financer la transition énergétique. Les ONGs les appellent à réduire leurs financements aux énergies fossiles, en mettant fin dès maintenant à ceux à l’expansion et à augmenter considérablement les financements à la transition énergétique.
« Selon le rapport Banking on Business as Usual, entre 2021 et 2024, les grandes banques mondiales ont accordé seulement 1368 milliards de dollars aux énergies soutenables telles que l’éolien, le solaire, et les infrastructures permettant leur développement contre 3285 milliards aux énergies fossiles. Le ratio entre les énergies soutenables et les énergies fossiles est de 0,42:1 : signification de cette présentation, pour chaque euro accordé aux énergies fossiles, seulement 42 centimes ont été alloués aux alternatives soutenables.
Cette étude publiée le 12 septembre 2025, s’inscrit dans la continuité des travaux d’I4CE engagés depuis plusieurs années sur la qualification et la quantification des besoins et des moyens pour l’adaptation en France. Elle propose une vision d’ensemble de ce que l’on peut dire sur ces aspects, basée sur le suivi et l’analyse d’une quinzaine de domaines d’action publique concernés par le changement climatique. Des éléments techniques détaillés, disponibles en annexe, offrent un appui pour approfondir ce rapport.
Il est urgent que les pouvoirs publics se penchent réellement sur les investissements indispensables pour adapter nos territoires, investissements oubliés dans le projet de budget Bayrou…
« Une dynamique d’adaptation en nette progression ces dernières années mais fragilisée en 2025
Depuis 2020, nous observons une montée en puissance des moyens dédiés à l’adaptation dans tous les domaines d’action publique concernés par le changement climatique. En particulier, la période 2020-2024 a constitué un réel moment d’appropriation des enjeux et de montée en charge des moyens nationaux. À ce jour, nous n’identifions plus d’angle mort évident, même si les montants ou le périmètre couvert restent limités pour certains domaines.
En six ans, la qualité de l’air s’est améliorée dans sept villes de France. C’est ce que constate une étude réalisée par l’association Respire, dont les résultats ont été publiés le 27 juin. Mais les taux de pollution de l’air au dioxyde d’azote (NO2) restent « encore très élevés par rapport aux valeurs limites européennes et aux seuils de l’OMS [Organisation mondiale de la santé] », nuance l’association.
L’association a relevé les taux de NO2 enregistrés par les stations de mesure de la qualité de l’air entre 2018 et 2024 dans sept villes : Paris, Lyon, Annecy, Chambéry, Clermont-Ferrand, Grenoble et Saint-Étienne. Elle constate qu’en six ans, la concentration moyenne annuelle de NO2 a diminué dans toutes ces villes. « Ce progrès s’explique par une combinaison de politiques publiques coordonnées aux niveaux européen (normes EURO d’émissions limites des véhicules), national (ZFE) et local (politiques de réduction de la place de la voiture en ville) », écrit-elle.
La bataille pour la qualité de l’air est loin d’être gagnée : cependant, l’amélioration est insuffisante, seule Chambéry respecte la limite annuelle fixée par l’Union européenne pour 2030, et aucune ville ne passe en dessous des recommandations de l’OMS. « La […] bataille pour la qualité de l’air est loin d’être gagnée. Les données nous démontrent que des politiques ciblées sur la réduction des émissions du trafic routier restent indispensables pour réduire la pollution et protéger la santé publique »,
Le Citepa, organisme mandaté pour dresser le bilan carbone national, a mis à jour son estimation des émissions de gaz à effet de serre, publiée dans l’édition 2025 du rapport Secten. Ces nouveaux résultats permettent d’éclairer la trajectoire récente de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France. Les émissions de gaz à effet de serre en France ont baissé seulement de 1,8% en 2024. L’évolution des secteurs témoigne de forts écarts, confirme aussi ce nouveau rapport : -3,8 Mt pour l’industrie de l’énergie, -0,9 Mt pour l’industrie manufacturière, -1,5 Mt pour les transports, -0,4 Mt pour les bâtiments et -0,4 Mt pour l’agriculture. La trajectoire est hélas en train de d’éloigner de l’objectif 2030.
Voici l’essentiel du rapport Secten.
Les émissions de gaz à effet de serre [GES] en France poursuivent leur trajectoire de réduction. En moyenne entre 2019 et 2023, hors puits de carbone, elles s’élèvent à 406 MtCO2e/an, ce qui est en dessous du 2nd budget carbone ajusté[1] de 425 Mt CO2e /an, budget en vigueur (SNBC-2) pour la période. En prenant en compte l’UTCATF (Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie), les émissions de GES en France s’élèvent en moyenne à 370 Mt CO2e /an, pour un budget ajusté de 380 Mt CO2e /an pour la période 2019-2023. Hors puits de carbone, elles ont diminué entre 2022 et 2023 de 27,4 Mt CO2e, soit de 6,8% et tous les grands secteurs émetteurs participent à cette réduction : -7Mt pour l’industrie de l’énergie, -7,2 Mt pour l’industrie manufacturière, -5,6 Mt pour les transports, -6,9 Mt pour les bâtiments et -0,5 Mt pour l’agriculture.
Du 23 avril au 7 mai 2025, la quinzaine insolite au musée Stendhal : figures de science ! Cette quinzaine insolite met en regard la collection du musée Stendhal et les fonds exceptionnels de la bibliothèque d’étude et du patrimoine selon une thématique choisie. Les objets, sélectionnés par l’équipe de médiation du musée Stendhal et sortis pour l’occasion des réserves, sont présentés en superposition au parcours permanent du musée. Depuis sa passion pour les mathématiques jusqu’aux théories les plus contemporaines, les préoccupations scientifiques de Stendhal imprègnent son style et sa pensée. Ouvrages, portraits, instruments de mesure… à travers un parcours temporaire inédit et en dialogue avec l’exposition permanente, on découvre une facette méconnue de l’écrivain.
A Grenoble, le gymnase Jouhaux inauguré après une rénovation 100% écologique. Démarrés fin septembre 2023, les travaux se sont achevés à l’automne 2024 et visaient une rénovation exemplaire : installation de panneaux photovoltaïques et d’une peinture claire en toiture, amélioration de la qualité de l’air, mise en accessibilité et, bien entendu, amélioration de la performance énergétique du gymnase. 35 % d’économies d’énergies sont attendues, hors production photovoltaïque (90 000 kWh minimum / an). Budget global des travaux pour le gymnase Jouhaux 4,033 M€.
Transport et mobilité : quels leviers de financement pour que les collectivités concilient égalité territoriale et neutralité carbone ? C’est le titre de l’étude publiée par Agence France locale. Les collectivités territoriales, premières à produire l’action publique de proximité au quotidien, font face à des défis financiers majeurs pour piloter la transition du secteur : construction d’infrastructures de transport, financement de l’exploitation et de l’entretien des lignes, soutien aux ménages et entreprises pour l’achat de moyens de locomotion plus propres… Face au volume d’investissements à engager pour la décarbonation du secteur des transports, le recours à l’emprunt paraît être une solution indispensable pour parachever le panier de ressources à la disposition des collectivités, avec l’élargissement de la fiscalité affectée. C’est la principale conclusion mise en avant par cette étude.
Le 13 mars 2025, le Haut Conseil pour le climat (HCC) rend son avis sur le plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) présenté par le gouvernement qui constitue l’un des trois piliers de la Stratégie française de l’énergie et du climat (SFEC). Il s’était autosaisi d’un avis sur ce programme car il analyse que la France ne va pas assez vite sur cette question et formule 24 recommandations rendre plus opérationnel le PNACC.
« Alors que le coût et les risques de l’inaction sont croissants, le HCC salue la publication du PNACC 3, première étape importante pour mieux protéger la population. Il rappelle toutefois que les aléas climatiques induits par le réchauffement s’intensifient plus rapidement que les moyens mis en œuvre pour en limiter les impacts et souligne un décalage entre les mesures prises pour faire face aux impacts du changement climatique et les besoins d’adaptation.
« Même si le PNACC 3 constitue une étape importante pour y parvenir, la France n’est pas encore prête à faire face aux impacts du changement climatique. La mise à l’échelle des politiques d’adaptation que nous avions évoquée dans notre dernier rapport annuel demeure un enjeu important. La mise en œuvre du PNACC 3 et les futures planifications doivent être renforcées pour pouvoir impulser une politique d’adaptation à la hauteur des enjeux. » Jean-François Soussana, Président du Haut Conseil pour le climat.