
L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) a publié le 9 septembre 2026 une étude sur l’importance de la promotion de l’égalité entre les filles et les garçons dans le périscolaire. https://injep.fr/publication/la-promotion-de-legalite-filles-garcons-dans-les-temps-periscolaires/
L’enfance, parce qu’elle est la période où des inégalités s’enracinent via les stéréotypes de genre, est aussi celle où l’égalité se construit. Si les politiques publiques ont d’abord privilégié les temps scolaires pour promouvoir l’égalité filles-garçons, les temps périscolaires font désormais l’objet d’une attention particulière. Pourquoi le périscolaire est-il un temps d’intérêt pour la promotion de l’égalité ? Comment les politiques publiques diffusent-elles l’égalité filles-garçons dans le périscolaire ?
Le périscolaire, un espace propice à la transmission de stéréotypes de genre
Les temps de loisirs périscolaires s’inscrivent dans le cadre des accueils collectifs de mineurs (ACM), qui regroupent différents modes d’accueils organisés hors temps scolaire et durant les vacances, conformément au Code de l’action sociale et des familles. Les temps périscolaires se déroulent le matin avant la classe, lors de la pause méridienne ou après la classe ainsi que le mercredi. En 2024, neuf enfants de maternelle et de primaire sur dix fréquentent régulièrement le périscolaire (Crépin, 2025).
Depuis les années 2000, différents travaux de recherche analysent les temps de loisirs, notamment périscolaires, sous le prisme de l’égalité filles-garçons. Le périscolaire est un des temps de la socialisation où les enfants construisent leur identité au contact des pairs, des adultes référents et par les activités proposées (Kindelberger, Le Floc’h, Clarisse, 2007), souvent en se conformant aux attentes sociales liées à leur genre (Herman, 2007). Des études soulignent l’influence dans ce processus des figures éducatives comme les animateurs ou animatrices via la persistance de la spécialisation genrée des tâches comme les fonctions du care réalisées par des femmes, les activités sportives ou les fonctions de direction par les hommes. Cela participe à l’intégration de fonctions genrées essentialisées (Herman, 2015). Ainsi, certaines activités proposées peuvent participer à la transmission et à l’intériorisation de normes de genre, comme la boxe pour apprendre la virilité ou la danse pour la grâce attendue de la féminité (Barthaburu, Raibaud, 2011). Des phénomènes de contrôles coercitifs, de « police du genre » (Ayral, Raibaud, 2009), exercés par des pairs ou par des encadrants, peuvent se manifester par exemple par des moqueries ou des violences en cas de non-conformités aux normes de genre.
Les travaux ont également montré que des espaces de loisirs, comme la cour de récréation ou des infrastructures sportives ou culturelles, peuvent, malgré une volonté de mixité et un libre choix des activités, produire des inégalités d’usage entre filles et garçons, allant jusqu’à une ségrégation de l’espace en fonction du sexe (Maruéjouls, 2011 ; Barthaburu, Raibaud, 2011). Cette utilisation différenciée de l’espace alimente la reproduction de stéréotypes de genre (encadré).
Le périscolaire est donc un espace-temps d’apprentissage de normes associées au genre et où des inégalités peuvent tout autant se cristalliser que se déconstruire. En cela, il constitue un levier d’intervention pour la promotion de l’égalité filles-garçons.
